L’Algérie s’est réveillée sous le choc ce jeudi 16 juillet 2026. Un incendie dévastateur s’est déclaré au milieu de la nuit au sein de l’établissement de l’enfance assistée de Mohammadia, une commune de la banlieue est d’Alger. Le bilan provisoire, particulièrement lourd, fait état de 11 morts et de 19 blessés. Les services de secours ont été alertés avant l’aube, aux alentours de 3h30 du matin, pour tenter de maîtriser les flammes.
Le Premier ministre, Sifi Ghrieb, s’est immédiatement rendu auprès des victimes hospitalisées, notamment à l’hôpital des grands brûlés de Zéralda et au CHU Mustapha Bacha d’Alger. Alors que l’émotion est immense, une question cruciale demeure sans réponse, quelle est l’origine de ce drame ?
L’hypothèse climatique en Algérie; une canicule étouffante et un réseau sous tension
La première piste évidente mène aux conditions météorologiques extrêmes que traverse actuellement l’Algérie. Le pays fait face depuis plusieurs jours à une vague de chaleur exceptionnelle. Cette canicule extrême fatigue les organismes, mais elle met surtout les infrastructures électriques à rude épreuve. La multiplication des climatiseurs et des systèmes de ventilation entraîne régulièrement des surcharges sur les réseaux électriques locaux.
Un court-circuit dans une installation vétuste ou surchargée, combiné à la sécheresse ambiante, pourrait être l’étincelle à l’origine de ce feu nocturne. Les services de la Protection civile ont d’ailleurs enregistré près de 1 000 incendies à travers le pays en l’espace d’une seule semaine, illustrant la vulnérabilité extrême du territoire national face à cette vague de chaleur.
La hantise des actes criminels; l’ombre des drames scolaires en Afrique
Bien qu’aucune piste ne soit privilégiée pour l’instant à Mohammadia, l’éventualité d’une origine humaine ou criminelle suscite l’inquiétude, ravivant de sombres souvenirs à travers le continent. Les incendies touchant des structures accueillant des enfants ou des adolescents se sont multipliés ces derniers temps en Afrique, révélant parfois des réalités bien plus sombres que de simples accidents techniques.
Le cas du Kenya est, à ce titre, particulièrement frappant. Le 28 mai 2026, un incendie dramatique a ravagé le dortoir du pensionnat de filles d’Utumishi, situé à Gilgil, à une centaine de kilomètres de Nairobi, coûtant la vie à 16 élèves et faisant des dizaines de blessées. Si la cause initiale est restée floue les premières heures, l’enquête a rapidement conduit à l’arrestation de huit élèves pour « incendie volontaire ». Le Kenya fait face depuis plusieurs années à cette crise de feux criminels récurrents allumés par les pensionnaires eux-mêmes.
En Algérie, l’enquête scientifique qui débute à Mohammadia devra déterminer si le drame résulte d’une défaillance technique liée à la canicule ou d’un acte de négligence voire de malveillance. En attendant les conclusions officielles, la priorité reste la prise en charge des blessés et l’accompagnement des enfants de l’établissement rescapés de cette nuit d’horreur.

