Le gouvernement togolais engage une réforme pragmatique du quotidien hospitalier à travers l’harmonisation des tenues du personnel de santé. Lisibilité des rôles, sécurité des patients et valorisation du Made in Togo s’imposent comme les piliers d’une modernisation silencieuse, mais structurante.
Le Togo a officiellement lancé, ce mardi à Lomé, l’harmonisation de la tenue vestimentaire du personnel des formations sanitaires. La cérémonie, organisée au CHU Sylvanus Olympio, marque une nouvelle étape dans la modernisation du système de soins. À première vue symbolique, la mesure s’inscrit en réalité dans une stratégie plus large visant à améliorer l’organisation hospitalière et la qualité de l’expérience patient.
Au nom du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, le ministre de la Santé, de l’Hygiène publique, de la Couverture sanitaire universelle et des Assurances, Jean-Marie Koffi Ewonoule TESSI, a procédé à la remise officielle d’un important lot de tenues destinées au personnel de santé, en présence du ministre délégué, Tchin DARRE. Cette remise consacre le démarrage effectif de l’application du code vestimentaire national dans les formations sanitaires publiques, privées et confessionnelles du pays.
L’objectif affiché est d’instaurer des repères visuels communs permettant d’identifier immédiatement les différents corps professionnels au sein des établissements. À travers un code couleur harmonisé à l’échelle nationale, les autorités entendent renforcer à la fois la lisibilité des soins et la sécurité des patients, tout en fluidifiant les parcours au sein des hôpitaux.
Mettre fin à la confusion dans les services

Dans de nombreux centres de santé, l’incapacité pour les patients et leurs accompagnants à distinguer médecins, infirmiers, sages-femmes, aides-soignants ou personnels techniques constituait une source récurrente de stress et de perte de temps. Désormais, chaque catégorie professionnelle dispose d’une tenue standardisée, immédiatement reconnaissable. Une clarification essentielle dans un environnement où l’urgence et la pression sont permanentes.
Comme l’a souligné le ministre délégué, le professeur Tchin Darre, « la tenue professionnelle ne se substitue pas aux soins, mais elle contribue à la protection des usagers et à la restauration de la confiance ». Un point de vue partagé par le Dr Tsolenyanu, Secrétaire général du Syndicat des praticiens hospitaliers du Togo, pour qui « la blouse est avant tout un symbole de confiance ».

À l’hôpital, où chaque minute compte, l’identification rapide du bon interlocuteur peut conditionner la qualité et la rapidité de la prise en charge. L’harmonisation des tenues apparaît ainsi comme un levier discret mais stratégique, pensé pour améliorer l’efficacité sans alourdir les procédures.
Au-delà de la relation soignant-patient, la réforme s’inscrit dans une logique de gouvernance. L’uniformisation visuelle contribue à structurer l’organisation interne des formations sanitaires, à renforcer la discipline professionnelle et à consolider le sentiment d’appartenance au service public.
Le choix assumé du « Made in Togo »

Autre signal fort envoyé lors de la cérémonie : l’origine des uniformes. Entièrement produites sur le site industriel de Datcha, les nouvelles tenues traduisent un choix politique clair en faveur du « Made in Togo », à la croisée des enjeux sanitaires, industriels et sociaux.
Prenant la parole, le Directeur général de BENART AFRIQUE, Dominique ZOTOGLO, a tenu à souligner que cette réforme allait bien au-delà d’une simple dotation vestimentaire. « Ce moment marque bien plus qu’une remise d’uniformes. Il symbolise la rencontre entre exigence sanitaire, industrialisation nationale et création d’emplois durables », a-t-il déclaré, mettant en lumière la dimension stratégique de cette production locale.
Conçues pour répondre aux réalités du milieu hospitalier, les tenues reposent sur des critères de confort, de résistance, de professionnalisme et de sécurité sanitaire. Un choix assumé, qui participe à la qualité des soins tout en renforçant la protection du personnel. Mais au-delà de l’aspect technique, c’est toute une chaîne de valeur nationale qui est mobilisée.

« Ces uniformes sont intégralement fabriqués au Togo, sur notre site industriel de Datcha. Chaque tenue représente un emploi local, une famille soutenue et une valeur ajoutée créée sur notre territoire », a insisté le directeur, rappelant l’impact direct de cette politique sur l’emploi et la souveraineté productive du pays.
Si cette harmonisation vestimentaire ne saurait, à elle seule, répondre à l’ensemble des défis structurels du secteur — modernisation des plateaux techniques, infrastructures, conditions de travail — elle envoie néanmoins un signal fort. Celui d’un système de santé engagé dans une dynamique de rigueur, de lisibilité et de confiance, où chaque réforme, même silencieuse, contribue à améliorer durablement le service rendu au citoyen.

