Dans un contexte continental marqué par les défis de l’emploi des jeunes et de l’attractivité économique, le Togo inscrit une performance remarquable dans le rapport B-READY 2025 publié par la Banque mondiale le 29 décembre 2025. Avec un score global de 61,52 points, le pays ouest-africain occupe désormais la première place en Afrique de l’Ouest et maintient sa troisième position en Afrique subsaharienne, confirmant la pertinence de sa trajectoire réformatrice engagée depuis près d’une décennie.
- Un classement continental qui confirme l’excellence togolaise
- Une performance appuyée par trois piliers stratégiques
- Efficacité opérationnelle : une cinquième place encourageante
- Cadre réglementaire : des fondations solides
- Création d’entreprises : l’excellence togolaise
- L’impulsion politique au cœur de la transformation
- Un historique de réformes reconnues internationalement
- Investissements et partenariats : les leviers de la croissance
- Perspectives et ambitions : « Réformer pour Impacter, Non pour Plaire »
Cette reconnaissance s’inscrit dans un nouveau cadre méthodologique d’évaluation qui remplace l’ancien rapport Doing Business, suspendu depuis 2020. Le B-READY, élaboré à partir d’enquêtes menées auprès de 58 000 entreprises et 5 000 experts dans 101 économies mondiales, propose une analyse plus holistique du climat des affaires en intégrant non seulement les réglementations, mais également leur application concrète et leur impact sur le bien-être collectif.
Un classement continental qui confirme l’excellence togolaise

Au niveau continental, le Togo se positionne stratégiquement derrière le Rwanda (67,94 points) et l’Île Maurice (63,20 points), mais devance des économies majeures comme le Bénin (60,21 points), le Ghana (56,9 points) et le Sénégal (56,05 points). Cette quatrième place africaine, incluant les pays d’Afrique du Nord, propulse le Togo dans le cercle très fermé des leaders continentaux de l’environnement des affaires.
La seconde édition du rapport B-READY 2025 évalue désormais 27 pays d’Afrique subsaharienne contre seulement 14 dans l’édition précédente, témoignant de l’élargissement progressif de ce baromètre mondial. Au niveau planétaire, 101 économies ont été scrutées en 2025, contre 50 lors de la première édition, ce qui renforce la crédibilité et la représentativité de ce classement.
Une performance appuyée par trois piliers stratégiques
Le rapport B-READY structure son évaluation autour de trois piliers fondamentaux qui reflètent les leviers d’action des pouvoirs publics en faveur du secteur privé : le cadre réglementaire, la qualité des services publics et l’efficacité opérationnelle.
Le Togo s’illustre brillamment en occupant la première place en Afrique subsaharienne et en Afrique de l’Ouest sur le pilier des services publics. Cette performance confirme les efforts déployés depuis 2017 pour fournir un cadre réglementaire propice aux affaires, notamment à travers la digitalisation progressive des procédures administratives et la modernisation des institutions publiques.
La création de la Cellule Climat des Affaires (CCA) en 2017, rattachée directement à la Présidence de la République, a constitué un tournant décisif dans cette dynamique de transformation. Cette structure coordonne et impulse les réformes nécessaires à l’amélioration continue de l’environnement des affaires, tout en assurant la participation effective de toutes les parties prenantes au processus.
Efficacité opérationnelle : une cinquième place encourageante

Sur le pilier de l’efficacité opérationnelle, qui mesure l’expérience concrète des entreprises en matière de procédures, délais et coûts de conformité, le Togo se hisse au premier rang en Afrique de l’Ouest et à la cinquième position en Afrique subsaharienne, derrière le Rwanda, l’Île Maurice, l’Eswatini et le Botswana. Ce résultat reflète les efforts du pays pour garantir une application effective des réformes et une amélioration continue du climat des affaires, témoignant de la modernisation et de la digitalisation accélérée de ses services publics.
Toutefois, avec un score de 57,38 points sur ce pilier, des marges de progression subsistent pour alléger davantage le quotidien opérationnel des entreprises.
Cadre réglementaire : des fondations solides

Concernant le pilier du cadre réglementaire, le Togo obtient un score de 66,26 points et occupe la sixième place en Afrique subsaharienne. Ce résultat témoigne d’un environnement légal globalement favorable, bien que des améliorations puissent encore être apportées pour renforcer la compétitivité réglementaire du pays.
Le rapport B-READY 2025 s’articule autour de dix indicateurs essentiels couvrant l’ensemble du cycle de vie des entreprises : création d’entreprises, emplacement des entreprises, services d’utilité publique, main d’œuvre, services financiers, commerce international, fiscalité, règlement de litiges, concurrence sur le marché et insolvabilité de l’entreprise.
Création d’entreprises : l’excellence togolaise

Le Togo brille particulièrement sur l’indicateur de création d’entreprises avec un score remarquable de 85,77 points. Cette performance couronne les réformes persistantes visant à simplifier les procédures d’entrée sur le marché. Depuis 2017, les délais de création d’entreprise ont été drastiquement réduits, passant de plusieurs jours à quelques heures seulement.republiquetogolaise+3
Le Centre de Formalités des Entreprises (CFE), guichet unique pour les formalités de création, modification et radiation des entreprises, permet désormais aux entrepreneurs de créer leur structure en moins de quatre heures et à moindre coût. Cette dynamique a généré la création de 14 202 entreprises en 2025, maintenant une moyenne annuelle supérieure à 10 000 créations depuis plusieurs années.cfetogo+1
Autres domaines d’excellence
Le Togo obtient également les meilleurs résultats dans plusieurs autres indicateurs cruciaux :
- Emplacement de l’entreprise : facilitant l’implantation physique des activités économiques
- Fiscalité : offrant un régime fiscal compétitif et transparent
- Insolvabilité des entreprises : garantissant un cadre juridique sécurisant pour la résolution des défaillances
- Services financiers : assurant un accès amélioré au financement pour les opérateurs économiques
- Règlement de litiges : proposant des mécanismes efficaces de résolution des contentieux commerciaux
Défis identifiés et chantiers prioritaires
Toutefois, le communiqué officiel identifie lucidement les domaines nécessitant des efforts supplémentaires :
- Services publics : malgré la première place sur ce pilier, des améliorations spécifiques restent possibles sur certains indicateurs sectoriels
- Commerce international : où le Togo apparaît en retrait, signalant la nécessité de faciliter davantage les opérations transfrontalières
- Concurrence : nécessitant un renforcement du cadre de régulation des marchés
- Main d’œuvre : requérant des ajustements pour optimiser les relations et conditions de travail
L’impulsion politique au cœur de la transformation
Cette performance remarquable s’inscrit dans une vision stratégique portée au plus haut niveau de l’État. Sous l’impulsion du Président du Conseil, Son Excellence Faure Essozimna Gnassingbé, le Togo a engagé depuis 2017 un vaste programme de modernisation de l’administration et de digitalisation des services publics.
La Stratégie Togo Digital 2025, dévoilée en 2022, constitue le socle de cette transformation numérique. Axée sur l’inclusion sociale, financière et numérique, cette stratégie vise à faire du numérique un levier pour « appuyer la gouvernance innovante et dynamique » du pays. Elle comprend neuf programmes structurants couvrant l’identification biométrique, la digitalisation des services publics et sociaux, et le développement d’un écosystème d’innovation et de startups.
Les innovations technologiques sont ainsi mobilisées pour faciliter les interactions entre l’administration publique et les citoyens par la numérisation progressive des procédures et formalités. Cette approche a déjà démontré son efficacité lors de la pandémie de Covid-19, avec le déploiement du programme d’aide financière digitale NOVISSI, qui a permis de mieux cibler les populations vulnérables grâce à la cartographie numérique des besoins.
Un historique de réformes reconnues internationalement
Avant même la création du rapport B-READY, le Togo s’était déjà distingué dans le classement Doing Business. En 2020, le pays avait été consacré meilleur réformateur d’Afrique subsaharienne, enregistrant un bond spectaculaire de 40 places pour se classer au 97ème rang mondial. Cette performance faisait suite à un gain de 19 places l’année précédente, confirmant la constance et l’intensité des efforts réformateurs.
Cette trajectoire ascendante, temporairement interrompue par la suspension du Doing Business en 2021 suite à des irrégularités méthodologiques, reprend aujourd’hui de plus belle avec le nouveau cadre B-READY, plus exigeant et holistique.
L’innovation majeure du rapport B-READY réside dans son approche multidimensionnelle qui transcende la simple évaluation réglementaire. Pour chaque indicateur, la Banque mondiale analyse désormais les résultats selon trois dimensions complémentaires :
- Le cadre réglementaire (de jure) : examinant les règles applicables à la création, l’exploitation et la cessation des activités économiques
- Les services publics : évaluant la qualité des institutions, des plateformes numériques, de l’administration fiscale et des infrastructures
- L’efficacité opérationnelle (de facto) : mesurant l’expérience concrète des entreprises en matière de procédures, délais et coûts
Cette méthodologie intègre également les perspectives des entrepreneurs et les intérêts publics généraux, notamment les avantages sociaux tels que la protection de l’environnement, le bien-être des travailleurs et la protection des consommateurs. Un indicateur est ainsi noté en fonction de ses impacts sociaux positifs, introduisant une dimension éthique et durable dans l’évaluation du climat des affaires.
Investissements et partenariats : les leviers de la croissance
La dynamique réformatrice du Togo s’accompagne d’investissements massifs, tant publics que privés. En 2025, le budget d’investissement public a dépassé 540 milliards de FCFA, malgré un contexte international marqué par des incertitudes financières et des pressions inflationnistes.
En décembre 2025, la Banque mondiale a approuvé une opération de 150 millions de dollars (environ 84 milliards de FCFA) destinée à soutenir un ensemble de réformes structurelles visant à stimuler l’investissement privé, améliorer l’accès au financement et créer des emplois. Cette initiative s’inscrit dans un programme triennal plus ambitieux qui, s’il est pleinement mis en œuvre, pourrait mobiliser jusqu’à 800 millions de dollars de capitaux privés supplémentaires et améliorer les conditions d’emploi pour plus de 73 000 personnes sur cinq ans.
Ces réformes ciblent particulièrement l’agriculture (sécurisation foncière et accès au financement pour les petits exploitants), l’énergie, le numérique et la logistique, ainsi que le renforcement de l’attractivité pour les investissements directs étrangers.
Perspectives et ambitions : « Réformer pour Impacter, Non pour Plaire »
Le communiqué officiel réaffirme l’engagement du gouvernement togolais dans sa vision de « faire des réformes non pas pour plaire mais pour impacter ». La mise en œuvre des réformes actuellement en cours permettra de surmonter les défis identifiés et d’améliorer significativement le score du Togo sur les différents indicateurs où des marges de progression subsistent.
La route demeure encore longue pour rattraper les premiers du classement, particulièrement le Rwanda qui affiche un score de 67,94 points et excelle sur les trois piliers du B-READY. Toutefois, la direction est clairement tracée, et le Togo dispose désormais d’atouts structurels solides : des institutions modernisées, une administration digitalisée, un secteur privé dynamique et un leadership politique déterminé.
La Cellule Climat des Affaires saisit l’opportunité pour exprimer, au nom du gouvernement, sa gratitude à tous les acteurs impliqués, en particulier les partenaires du secteur privé, le Groupe de la Banque mondiale et les points focaux de l’administration publique pour leur constante disponibilité et leur collaboration fructueuse.

