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L'investigateur Africain > Blog > Analyse > Cameroun : Le clan de Chantal Biya face à ses premières fissures politiques
Analyse

Cameroun : Le clan de Chantal Biya face à ses premières fissures politiques

Steven WILSON
Dernière mise à jour : janvier 22, 2026 4:49 pm
Steven WILSON
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22 Min de lecture
Cameroun : Le clan de Chantal Biya face à ses premières fissures politiques
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Le bloc monolithique que représentait depuis trois décennies le cercle rapproché de la Première Dame camerounaise s’effrite. Des fractures profondes, longtemps occultées par la façade d’une cohésion apparente, ressurgissent aujourd’hui à l’approche d’un remaniement gouvernemental attendu depuis plusieurs mois.

La scène politique camerounaise traverse une phase critique. À Yaoundé, au Palais de l’Unité, des tensions latentes au sein de l’élite dirigeante se cristallisent autour d’une question centrale : qui préservera son influence lorsque le Président Paul Biya, âgé de 91 ans, annoncera la nouvelle composition de son gouvernement ? Cette interrogation, longtemps chuchotée dans les arcanes du pouvoir, s’exprime désormais ouvertement. Le remaniement ministériel, initialement promis pour mi-janvier 2026, symbolise bien plus qu’un simple toilettage administratif. Il représente un moment de vérité pour les équilibres de pouvoir qui structurent le régime camerounais depuis plus de quatre décennies.

Le clan Chantal Biya, longtemps perçu comme un bloc cohérent et influent au sommet de l’État, connaît aujourd’hui des recompositions sensibles. Des rapports de force que l’on croyait figés se restructurent. Des alliances réputées inébranlables vacillent. Les loyautés, autrefois garanties, s’effritent. Ce phénomène révèle bien davantage que de simples querelles d’influence bureaucratique : il expose les fragilités d’un système politique fondé sur une gouvernance personnalisée et des réseaux informels plutôt que sur des institutions robustes.

La Première Dame : une influence politique de trois décennies

Avant de comprendre les fractures actuelles, il convient de retracer l’ascension remarquable de Chantal Biya au sein de la sphère politique camerounaise. Loin d’être une simple épouse de chef d’État confinée à des rôles protocolaires, Madame Biya s’est progressivement imposée comme un véritable pôle de pouvoir, capable d’influencer les nominations, les promotions et les trajectoires des cadres de l’État.

Un pouvoir qui s’est construit avec méthode

Les débuts de sa carrière politique furent modestes. À la fin des années 1980 et au début des années 1990, ses obligations se limitaient à des fonctions essentiellement cérémonielles. Progressivement, cependant, elle a appris les codes complexes de la politique camerounaise, navigué les pièges institutionnels et su se faire une place dans un univers impitoyable dominé par les hommes et les rivalités. Un processus de consolidation qui illustre une intelligence politique certaine et une détermination à transformer sa position de Première Dame en instrument de pouvoir véritable.

Selon les analystes politiques interrogés, l’influence croissante de Chantal Biya s’explique par plusieurs facteurs. D’abord, elle a occupé un vide politique créé par l’élimination de certains poids lourds du premier cercle présidentiel. Ensuite, elle a su fédérer autour d’elle un réseau de collaborateurs dévoués, originaires principalement des régions du Centre et de l’Est du Cameroun. Enfin, elle a institutionnalisé son influence en créant et contrôlant des espaces de pouvoir informels, notamment le Cercle des Amis du Cameroun (Cerac), fondé en 1995.

En 2019, sa position était suffisamment consolidée pour que Jeune Afrique publie une enquête approfondie sur l’étendue de son influence. Le magazine révélait des informations déterminantes : « Chantal Biya occupe depuis plusieurs décennies une place singulière dans l’appareil du pouvoir camerounais ». Mieux encore, il documentait qu’elle contrôlait deux postes stratégiques au cœur de l’exécutif : le Directeur du Cabinet Civil et le Secrétaire Général de la Présidence, des positions essentielles pour façonner les politiques quotidiennes de l’État.

Les deux piliers du système : Ngoh Ngoh et Mvondo Ayolo

Ferdinand Ngoh Ngoh : Un homme fort affaibli

Ferdinand Ngoh Ngoh incarne la figure emblématique du pouvoir camerounais moderne. Depuis 2011, il occupe le poste de Secrétaire Général de la Présidence de la République, promu au rang de Ministre d’État en 2019. Son importance dans l’architecture politique peut difficilement être surestimée. Ce diplomate chevronné, originaire de Dimako comme Chantal Biya elle-même, est progressivement devenu le « bras armé » du Président Paul Biya, supervisant la mise en œuvre des décisions présidentielles et coordonnant les politiques publiques majeures.

Ses responsabilités officielles comportent plusieurs dimensions critiques : assister le Président dans l’accomplissement de ses fonctions ; transmettre les directives présidentielles à l’administration ; superviser l’enregistrement et la publication des actes réglementaires ; servir de conseiller juridique du chef de l’État et des administrations rattachées à la présidence. En pratique, ces missions formelles ont fait de Ngoh Ngoh une figure quasi-présidentielle, un pivot central autour duquel orbite toute l’activité de gouvernance.

Cependant, depuis 2024, cette position d’apparente invulnérabilité montre des signes d’érosion manifeste. Jeune Afrique a révélé, dans une enquête approfondie publiée en octobre 2024, que la position de Ferdinand Ngoh Ngoh était « affaiblie ». La raison invoquée était son implication dans la gestion de l’absence prolongée du Président Paul Biya, qui avait suscité des critiques acerbes et alimenté les rumeurs sur l’état de santé du chef de l’État.

Plus révélateur encore : le Président Paul Biya lui-même aurait, selon les mêmes sources, demandé au Premier Ministre Joseph Dion Ngute de « reprendre les rênes du gouvernement ». Cette instruction marquait un revers symbolique majeur pour Ngoh Ngoh. Pour la première fois en plusieurs années, son contrôle quasi-monopolistique sur l’appareil exécutif était remis en question par le Président en personne. Des mesures concrètes ont incarné ce changement d’orientation : Jeune Afrique rapportait qu' »aucun ministre n’est autorisé à se déplacer actuellement hors du Cameroun, sans l’autorisation formelle de Dion Ngute« , une restriction qui traduit une redistribution majeure des prérogatives de contrôle administratif.

Parallèlement, l’affaiblissement de Ngoh Ngoh implique celui de ses alliés, notamment le Ministre Paul Atanga Nji (Administration Territoriale), avec lequel il entretenait une alliance stratégique au sein du gouvernement.

Néanmoins, des signaux contradictoires persistent. En décembre 2025, Jeune Afrique rapportait que Ferdinand Ngoh Ngoh serait « rassuré d’être reconduit » lors du prochain remaniement gouvernemental. Le magazine expliquait qu’il « pourrait surtout avoir les coudées franches pour la formation du futur gouvernement ». Cette apparente confirmation de sa stature révèle la nature complexe des dynamiques de pouvoir camerounaises, où les alliances se nouent, se dénouent et se renouent selon des logiques qui restent souvent opaques aux observateurs externes.

Samuel Mvondo Ayolo : Le discret qui accède au premier cercle

Si Ferdinand Ngoh Ngoh représente le pouvoir explicite, Samuel Mvondo Ayolo incarne une autre modalité d’influence : celle du discret, du prudent, du technocrate qui monte les échelons sans susciter la méfiance des figures établies. Directeur du Cabinet Civil depuis 2018, ce diplomate de formation, originaire de Sangmélima dans le sud du Cameroun, s’est progressivement rapproché du cœur du pouvoir exécutif.

La trajectoire de Mvondo Ayolo révèle une stratégie singulière d’ascension. Après des débuts au Ministère des Relations Extérieures en 1985, il a gravi méthodiquement les échelons : directeur des Nations Unies (1997), ambassadeur à Libreville (2008), puis ambassadeur à Paris (2016). À chaque étape, il a cultivé des réseaux, s’est montré loyal à ses mentors, et a évité les controverses. Ses mentor successifs – Ferdinand Oyono puis d’autres figures éminentes – ont facilité son accès aux sphères supérieures du pouvoir.

C’est une anecdote révélatrice de son talent politique. Alors qu’il servait comme ambassadeur au Gabon, Camerounpost a rapporté qu’il s’était positionné en « médiateur » entre Ali Bongo Ondimba, fils du président décédé, et André Mba Obame, qui contestait l’héritage politique. Après la crise successorale gabonaise, un ancien aide de Mba Obame aurait confié : « À la fin, Mvondo Ayolo était l’ami qui lui était resté le plus fidèle ». Cette capacité à naviguer entre les factions rivales sans perdre la confiance des deux côtés illustre son talent politique innée.

En 2018, lorsque Paul Biya le rappelle du Gabon pour en faire son Directeur du Cabinet Civil, remplaçant Martin Belinga Eboutou, plusieurs observateurs ont vu une décision politique significative. Belinga avait été écartée, certains disent en raison de son incompatibilité croissante avec Chantal Biya. Le choix de Mvondo Ayolo, alors, pouvait sembler paradoxal : il était soutenu par la Première Dame, ce qui suggérait une victoire pour le clan Biya. Mais d’autres analystes ont interprété cette nomination comme une prudence de Paul Biya : en nommant quelqu’un qui avait passé dix ans hors du pays, le Président minimisait les scandales et controverses que ce nouvel arrivant aurait pu hériter.

Depuis son installation au Palais de l’Unité (dont le bureau se situe précisément un étage en dessous de celui du chef de l’État), Mvondo Ayolo exerce une influence fondamentale sur les processus décisionnels. Il est « le dernier rempart », selon Jeune Afrique, celui « par qui tout doit passer ». L’accès physique qu’il détient au Président, la confidentialité de leurs conversations, la capacité à filtrer les demandes d’audience et à transmettre les informations : autant de leviers qui placent Mvondo Ayolo à un poste stratégique incontournable.

Les instruments informels du pouvoir : Cerac et réseaux féminins

Comprendre l’influence de Chantal Biya nécessite d’étudier les structures informatiques qu’elle a créées ou contrôlées pour consolider son autorité. Ces instruments dépassent largement les rôles cérémoniels attendus d’une Première Dame.

Le Cerac : Un creuset de pouvoir déguisé en association caritative

Le Cercle des Amis du Cameroun (Cerac), fondé en 1995 avec Chantal Biya comme Présidente Fondatrice, n’est formellement qu’une association de bienfaisance. En réalité, c’est un véritable creuset politique. Les épouses de ministres, de présidents d’institutions, d’ambassadeurs et de hauts fonctionnaires s’y côtoient depuis plus de trois décennies. À travers cette organisation, Chantal Biya a développé un réseau parallèle de pouvoir, capable de mobiliser des influences et des ressources qui dépassent largement les canaux administratifs formels.

L’une des personnalités éminentes du Cerac est Nathalie Moudiki, trésorière de l’organisation et amie intime de Chantal Biya. Moudiki occupe également des postes stratégiques à la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH), illustrant comment les réseaux informels du Cerac se nouent aux structures formelles de gouvernance économique.

La mobilisation des femmes à travers le Cerac constitue un élément de légitimation politique pour l’ensemble du régime. Un analyste politique notait, dans une perspective interprétative : « La ‘Chantoupathie politique’ – c’est-à-dire la sympathie et l’adhésion vis-à-vis de Chantal Biya sur le champ politique – est une ressource politique, une force politique, un atout politique qui rallie et mobilise les femmes autour du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais ». Le slogan « Mama Chantou » est devenu un élément de mobilisation politique capable de fidéliser au parti une part significative de l’électorat féminin.

La Fondation Chantal Biya et Synergies Africaines

Au-delà du Cerac, Chantal Biya a établi deux autres structures qui incarnent son rayonnement politique et social : la Fondation Chantal Biya, centrée sur les œuvres sociales, et Synergies Africaines, une ONG de promotion de ses idées à l’international. Ces institutions ne sont pas simplement des vitrines philanthropiques ; elles constituent des instruments de soft power politique, capable de générer du prestige, d’attirer des ressources et de créer des obligations de réciprocité politique auprès de leurs bénéficiaires et partenaires.

Les fractures actuelles : signes d’une fragmentation croissante

C’est dans ce contexte de consolidation du pouvoir par la Première Dame que s’inscrivent les fractures politiques qui émergent au début de 2026. Contrairement aux apparences, il ne s’agit pas d’une crise soudaine mais plutôt de la manifestation visible de tensions qui couvaient depuis plusieurs années.

Un bloc monolithique devenu fragmenté

Le diagnostic formulé par les observateurs est unanime : le clan Chantal Biya, « longtemps perçu comme un bloc monolithique, montre aujourd’hui des signes évidents de fragmentation ». Cette transformation reflète plusieurs dynamiques croisées.

D’abord, l’affaiblissement de Ferdinand Ngoh Ngoh a crée un vide de pouvoir au sein du structure décisionnelle. Ses alliés traditionnels, sentant sa position faiblir, commencent à diversifier leurs alliances. Paul Atanga Nji (Ministre de l’Administration Territoriale), longtemps associé à Ngoh Ngoh, voit son rôle redéfini. Laurent Esso (Ministre de la Justice), une figure historique du régime, traverse une période d’incertitude professionnelle et personnelle, son état de santé s’étant détérioré au point que Jeune Afrique rapporte qu’il a demandé une évacuation sanitaire qui lui aurait été refusée par des forces au sein du régime.

Deuxièmement, l’ascension progressive de Joseph Dion Ngute, le Premier Ministre, reconfigure les hiérarchies du pouvoir. Si, autrefois, le Secrétaire Général de la Présidence (Ferdinand Ngoh Ngoh) était présenté comme une figure quasi-présidentielle, cette donne change à mesure que le Premier Ministre retrouve une autorité décisionnelle que la maladie et l’absence du Président avaient temporairement affaiblies.

Troisièmement, les manoeuvres discrètes autour du remaniement révèlent une compétition accrue pour les portefeuilles ministériels stratégiques et pour l’accès direct au Président. « Chacun tente de préserver ou d’étendre son influence avant toute annonce officielle ». Cette rivalité reflet l’anticipation d’une redistribution majeure des cartes au sommet de l’État.

Le remaniement comme moment de vérité

Le remaniement gouvernemental, initialement promis pour mi- janvier 2026, symbolise un moment charnière. Au-delà du simple toilettage des ministères, cet événement politique traduit des choix sur la configuration future du régime. Qui sera maintenu ? Qui sera écartée ? Qui sera promu ? Les réponses à ces questions détermineront la physionomie politique du Cameroun durant le septième mandat présidentiel de Paul Biya (2026-2033).

Les incertitudes qui persistent illustrent le caractère fluide de ces négociations. Des sources citées par Jeune Afrique en décembre 2025 affirmaient que Ferdinand Ngoh Ngoh serait « rassuré de conserver son poste ». Mais d’autres observateurs soulignaient que son rôle pourrait être rédéfini, notamment vis-à-vis de la formation du gouvernement. Cette ambiguïté reflète la complexité des jeux politiques à l’œuvre.

Les causes profondes des fractures : la question de la succession

Au-delà des manoeuvres tactiques, les fractures du clan Biya reflètent une tension structurelle bien plus profonde : l’absence de successeur désigné pour un Président vieillissant.

Un Président nonagenaire : un facteur de déstabilisation permanente

Paul Biya, âgé de 92 ans, est le chef d’État le plus âgé en fonction du continent africain. Il a dirigé le Cameroun pendant 42 années consécutives depuis 1982. Ces faits bruts posent une question inévitable que personne au Cameroun ne peut ignorer : que se passera-t-il après Paul Biya ?

À la différence d’autres régimes africains, Biya a sciemment écartée l’option d’une succession héréditaire au sein de sa propre famille. Il a cherché à tenir sa descendance loin de la sphère politique, maintenant un équilibre où il reste le « maître du jeu » incontesté. Cette stratégie a fonctionné durant des décennies, permettant au Président d’éliminer les rivaux sans risquer une fragmentation dynastique.

Mais cette approche crée un problème structurel : en l’absence d’un dauphin désigné, la succession présidentielle demeure ouverte. Les observateurs politiques identifient plusieurs candidats potentiels : Ferdinand Ngoh Ngoh, Laurent Esso, Joseph Dion Ngute, ou même des figures moins évidentes. Cette multiplicité de candidats potentiels crée un contexte où chaque figure du sérail cherche à se positionner favorablement pour le jour où le Président quitterait le pouvoir.

Des précédents régionaux alarmants

Le Cameroun observe de près les transitions politiques qui se jouent dans ses voisinages régionaux. En Guinée équatoriale, Teodoro Obiang Nguema, 82 ans, a également conservé le pouvoir pendant des décennies sans désigner un successeur clair, créant une compétition fratricide entre ses fils. Au Congo-Brazzaville, Denis Sassou Nguesso navigue des tensions entre son fils biologique et ses cousins pour l’héritage du pouvoir. Ces précédents alertent les observateurs camerounais sur les risques d’instabilité politique post-successions.

Les enjeux électoraux et politiques du remaniement

Le remaniement gouvernemental de 2026 s’inscrit dans un contexte politique inflammable. L’élection présidentielle du 12 octobre 2025 a été remportée par Paul Biya avec un taux de victoire officiel, mais elle a été largement contestée par l’opposition, notamment par Issa Tchiroma Bakary, qui s’est enfui en Gambie pour contester le résultat.

Immédiatement après la proclamation officielle des résultats, Paul Biya a tenté de mettre en place un « gouvernement d’union nationale » en négociant avec Issa Tchiroma Bakary. Ces tractations ont échoué : Tchiroma Bakary, réfugié en exil, a refusé tous les postes proposés, y compris celui hautement symbolique de Premier Ministre. Cette impasse a obligé le Président à procéder à un remaniement sans intégrer l’opposition dans le gouvernement.

La date du remaniement elle-même a été l’objet de spéculations intenses. L’information initiale parlait du 15 janvier 2026 comme date butoir. Certains analystes ont soutenu que le calendrier budgétaire imposait un report jusqu’à avril 2026, puisque les budgets de l’année suivante doivent être adoptés par le Parlement avant tout changement ministériel significatif. Mais ces déterminismes institutionnels comptent peu dans la politique camerounaise, où le Président maintient une prérogative pratiquement absolue sur le calendrier politique.

Les enjeux symboliques du remaniement

Le remaniement aura des conséquences sur plusieurs plans. D’un côté, il signalera au pays et à la communauté internationale que Paul Biya « garde la main » sur la situation politique et qu’il est capable de proposer une issue à la crise post-électorale. De l’autre, il révélera le nouveau rapport des forces au sein du régime, signifiant qui a gagné et qui a perdu dans les luttes internes.

Les questions qui obsèdent les observateurs de Yaoundé sont précises et révélatrices :

  • Ferdinand Ngoh Ngoh conservera-t-il le poste stratégique de Secrétaire Général malgré les critiques contre sa gestion ?

  • Laurent Esso, le Ministre de la Justice âgé et d’une santé déclinante, sera-t-il reconduit ou écartée ?

  • Paul Atanga Nji, l’homme de main de la « sécurité politique », verra-t-il son influence consolidée ou réduite ?

  • Qui émergera comme nouveau « prince héritier » politique, si tant est qu’un tel rôle existe formellement ?

Les réponses à ces questions indiqueront si le régime Biya se renforce ou se fragmente davantage à la veille de sa transition successorale inévitable.

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