À l’issue des travaux de la septième session de la Commission mixte de coopération maroco-béninoise, co-présidée par le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, et son homologue béninoise, Corinne Amori Brunet, le Bénin a réaffirmé avec fermeté son soutien « constant » à la souveraineté et à l’intégrité territoriale du Royaume du Maroc sur l’ensemble de son territoire.
Au-delà des formules d’usage de la rhétorique diplomatique, la déclaration béninoise s’accompagne d’engagements opérationnels de premier ordre, marquant un ancrage assumé dans la doctrine de la realpolitikrégionale.
Une reconnaissance pragmatique ancrée dans la réalité du terrain
En qualifiant le plan d’autonomie présenté par Rabat de « seule solution crédible et réaliste » pour mettre fin à ce différend régional, le Bénin ne se contente pas d’emboîter le pas aux résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU. Cotonou s’inscrit pleinement dans une trajectoire politique déjà empruntée par plusieurs poids lourds de la sous-région, tels que le Sénégal, la Côte d’Ivoire ou encore le Togo.
L’élément clé de ce rapprochement réside toutefois dans la dimension consulaire et territoriale de l’accord. L’annonce par la ministre Corinne Amori Brunet de la création prochaine d’un point de présence consulaire à Laâyoune, doublée d’une mission officielle imminente à Dakhla, constitue un acte diplomatique majeur. En installant une représentation officielle dans les provinces du Sud, le gouvernement béninois matérialise de manière irréversible sa reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le terrain, participant activement au désenclavement institutionnel de la région.
L’attraction des investissements et l’horizon de l’Initiative Atlantique
Derrière cette convergence politique se dessinent des enjeux économiques stratégiques pour Cotonou. Depuis plus d’une décennie, le Maroc s’impose comme un investisseur africain de premier plan au sud du Sahara, particulièrement actif dans des secteurs structurants comme les services financiers, la télécommunication, l’assurance et l’agro-industrie via la fourniture d’engrais. En apportant un soutien sans réserve aux priorités sécuritaires et territoriales du Royaume, le Bénin sécurise un partenariat économique de choix et crée un climat propice à l’attraction de nouveaux capitaux marocains.
De plus, cette décision positionne idéalement le Bénin pour tirer parti des grands projets d’intégration sous-régionaux impulsés par Rabat, notamment l’Initiative Royale pour l’Atlantique. En choisissant de se rendre à Dakhla pour y évaluer l’essor des infrastructures — notamment portuaires et énergétiques —, la diplomatie béninoise cherche à connecter ses propres opérateurs économiques à ce futur hub maritime et commercial destiné à lier la façade atlantique africaine au reste du monde.
Une diplomatie béninoise réalignée sur le multilatéralisme et l’action
En saluant le cadre tracé par les Nations Unies, le Bénin prend soin d’inscrire son soutien dans le droit international, évitant l’écueil d’un cavalier seul tout en assumant une diplomatie décomplexée et orientée vers les résultats.
Cette septième Commission mixte maroco-béninoise confirme ainsi l’efficacité de la stratégie d’influence marocaine sur le continent, fondée sur la réciprocité des intérêts économiques et le respect des souverainetés. Pour Cotonou, ce choix marque la fin des ambiguïtés diplomatiques et scelle une alliance renforcée avec une puissance régionale incontournable.

