Au Nigeria, la campagne pour l’élection présidentielle de janvier 2027 est officiellement lancée. À cinq mois du scrutin, le président Bola Tinubu, élu en 2023, est candidat à sa propre succession. Il devra faire face à 18 candidats de l’opposition, dans un pays marqué par une forte pression économique et une situation sécuritaire toujours préoccupante.
Tinubu face au bilan de ses réformes
La présidentielle devrait principalement se jouer entre trois figures; Bola Tinubu, l’ancien vice-président Atiku Abubakar et Peter Obi, ancien gouverneur de l’État d’Anambra et candidat arrivé troisième lors du scrutin de 2023.
Depuis son arrivée au pouvoir, Bola Tinubu a engagé des réformes économiques profondes. La suppression de la subvention sur les carburants et la libéralisation du naira ont été présentées comme nécessaires pour assainir les finances publiques et attirer les investissements.
Mais ces choix ont également eu un coût social important. La dépréciation de la monnaie nationale et la hausse du prix des carburants ont contribué à renchérir considérablement le coût de la vie. Pour une grande partie de la population, les bénéfices annoncés des réformes tardent à se faire sentir. Inflation, chômage et pauvreté restent ainsi au cœur des préoccupations des électeurs.
À cette pression économique s’ajoute l’insécurité. Dans plusieurs régions du pays, les attaques de groupes armés, les enlèvements et les violences liées aux organisations criminelles continuent de fragiliser les populations et de nourrir le sentiment d’insatisfaction à l’égard du pouvoir.
Une opposition divisée
Face au président sortant, Atiku Abubakar et Peter Obi disposent chacun d’une base électorale importante. Mais leur principal handicap pourrait être la fragmentation de l’opposition.
La coalition constituée en 2025 dans le but de faire obstacle à une réélection de Bola Tinubu n’a pas résisté aux rivalités internes. L’absence d’un candidat unique pourrait permettre au président sortant de conserver une avance, malgré les critiques suscitées par son bilan.
Cette division rappelle le scénario de 2023, lorsque la dispersion des voix de l’opposition avait contribué à l’élection de Tinubu.
Un rapport de force favorable au président
Depuis son arrivée au pouvoir, Bola Tinubu a également renforcé son influence politique. Plusieurs responsables issus de formations concurrentes ont rejoint son camp. Selon les données avancées dans le bilan de la campagne, 31 des 36 gouverneurs du Nigeria appartiennent désormais à son parti, le Congrès des progressistes (APC).
Cette domination territoriale constitue un avantage considérable à l’approche du scrutin. Elle alimente toutefois les inquiétudes de ceux qui redoutent une concentration progressive du pouvoir autour d’une seule formation politique.
La présidentielle de janvier 2027 apparaît donc comme un test majeur pour le Nigeria. Au-delà du duel entre Tinubu et ses principaux adversaires, le scrutin dira si les réformes économiques du président peuvent convaincre malgré leurs conséquences sociales, mais aussi si une opposition divisée est capable de transformer le mécontentement populaire en véritable alternative politique.

