L’attaque coordonnée du 25 avril 2026 contre plusieurs sites au Mali marque un tournant pour la jeune Confédération des États du Sahel. Alors que l’organisation dénonce un « complot monstrueux » visant à freiner sa dynamique souverainiste, le front intérieur malien oscille entre gestion de crise humanitaire et interrogations politiques.
Une attaque d’envergure contre le « Projet AES »
Le communiqué signé par le Capitaine Ibrahim Traoré, président en exercice de l’AES, ne se contente pas de condamner des violences. Il politise l’agression. En qualifiant ces attaques d’actions « planifiées de longue date » et soutenues par des « ennemis de la lutte de libération », l’AES réaffirme sa doctrine : toute atteinte à un État membre est une attaque contre la vision souverainiste du bloc. Pour Ouagadougou et Bamako, il ne s’agit plus seulement de terrorisme résiduel, mais d’une tentative de déstabilisation géopolitique visant à briser l’élan de la Confédération.
Gestion de crise et présence étatique à Kati
Sur le terrain, la réponse institutionnelle se veut rassurante. La visite du Premier ministre, le général Abdoulaye Maïga, au CHU Pr Bocar Sidy Sall de Kati ce lundi 27 avril, vise à incarner un État protecteur et solidaire. En annonçant que la majorité des blessés ont déjà pu regagner leur domicile, le chef du gouvernement cherche à minimiser l’impact psychologique de l’assaut et à projeter une image de contrôle sanitaire et sécuritaire. L’appel au calme lancé par les autorités maliennes souligne la crainte d’une contagion de la panique au sein des populations civiles, cibles collatérales de cette « forfaiture ».
L’ombre du silence : Où est Assimi Goïta ?
Malgré la solidité affichée de la chaîne de commandement et le soutien indéfectible des pays frères (Burkina Faso et Niger), une zone d’ombre persiste et alimente les spéculations; l’absence de communication directe du colonel Assimi Goïta. Si le Premier ministre occupe le terrain médiatique et hospitalier, le mutisme du chef de l’État malien depuis les événements du 25 avril interroge. Dans un contexte de guerre informationnelle intense, ce silence est scruté de près par les observateurs, alors même que l’AES dénonce des velléités de déstabilisation visant le cœur du pouvoir malien.
Cette épreuve de force démontre que la Confédération de l’AES est entrée dans une phase de maturité forcée. La capacité des Forces Armées Maliennes (FAMa) à avoir repoussé l’agression est présentée comme une victoire militaire, mais la persistance des menaces souligne la nécessité d’une coordination sécuritaire encore plus intégrée. Pour l’AES, l’enjeu des prochains jours sera double : maintenir la cohésion sociale face à la terreur et clarifier la situation au sommet de l’État pour couper court aux rumeurs.

