À l’approche de la prestation de serment du président élu, Romuald Wadagni, la polémique sur l’absence du Sénat a trouvé son épilogue juridique. Ce mardi 5 mai 2026, la Cour constitutionnelle a tranché en faveur de la continuité de l’État, validant une investiture historique qui ouvrira le premier mandat de sept ans de l’histoire du pays.
Le Bénin s’apprête à tourner une page majeure de son histoire politique dans une atmosphère désormais clarifiée. Si la réforme constitutionnelle de novembre 2025 a instauré un parlement bicaméral avec la création d’un Sénat, l’absence physique de cette institution pour la cérémonie du 24 mai avait fait naître un vif débat sur la régularité du serment présidentiel.
Le duel des interprétations juridiques
La controverse portait sur l’article 53 de la Constitution révisée, qui mentionne la présence du bureau du Sénat lors de la prestation de serment. Pour les puristes du droit et certains acteurs de l’opposition, cette absence constituait un vice de forme majeur susceptible d’entacher la légitimité de l’investiture. Face à eux, les partisans du pragmatisme institutionnel, dont l’ancien président de la Cour Théodore Holo, soutenaient que l’autorité recevant le serment demeure la Cour constitutionnelle, la présence du Sénat n’étant que protocolaire.
Le verdict de la Cour : Priorité à la continuité de l’État
Saisie en urgence par un recours citoyen, la haute juridiction, présidée par le professeur Cossi Dorothé Sossa, a rendu son verdict ce 5 mai 2026. En déclarant le recours irrecevable, la Cour a balayé les incertitudes. Elle a estimé que l’impossibilité de réunir une institution dont l’installation effective n’est prévue qu’en juin ne saurait paralyser le fonctionnement des pouvoirs publics. Ce verdict s’appuie sur le principe fondamental de la continuité de l’État : le processus républicain doit primer sur les contingences de calendrier liées à la mise en place des nouvelles institutions.
Vers une présidence de sept ans
Cette décision ne fait pas que valider une date ; elle entérine le passage au nouveau régime constitutionnel. En prêtant serment le 24 mai devant les sages de la Cour et les députés de l’Assemblée nationale, Romuald Wadagni, élu avec plus de 94 % des voix, inaugurera officiellement le premier mandat de sept ans. Cette extension de la durée du bail présidentiel, introduite lors de la révision de 2025, est perçue par ses partisans comme un gage de stabilité pour mener à bien les réformes de long terme.
Porto-Novo en ligne de mire
Désormais, le pays se tourne avec sérénité vers les préparatifs de la cérémonie. Le Palais de la Marina et la capitale Porto-Novo s’apprêtent à accueillir les délégations internationales pour ce passage de témoin entre Patrice Talon et son successeur. En levant le dernier verrou juridique, la Cour constitutionnelle a tracé la voie vers une investiture qui, malgré l’absence d’un Sénat encore en gestation, se veut le socle d’un nouveau cycle démocratique pour le Bénin.

