Trois ans après le déclenchement de la guerre entre l’armée soudanaise et les paramilitaires des Forces de soutien rapide, la communauté internationale s’est réunie mercredi à Berlin pour répondre à ce que l’ONU qualifie de « pire crise humanitaire au monde ». Les donateurs ont promis environ 1,5 milliard d’euros pour soutenir les millions de civils pris au piège du conflit.
Berlin, des mesures humanitaires vitales mais limitées
Les mesures annoncées portent sur l’acheminement de l’aide alimentaire et médicale, la sécurisation des couloirs humanitaires et le renforcement de la présence des ONG sur le terrain. « Nous devons garantir que l’aide parvienne aux populations les plus vulnérables, malgré les combats », a déclaré Martin Griffiths, secrétaire général adjoint de l’ONU pour les affaires humanitaires.
L’ONU insiste sur la nécessité de protéger les civils et les humanitaires, alors que plus de 130 travailleurs ont perdu la vie depuis le début de la guerre. « Les humanitaires ne doivent pas être des cibles », a rappelé un représentant de Médecins Sans Frontières, soulignant la gravité des attaques contre les équipes médicales.
Cependant, aucun plan de paix concret n’a émergé de la conférence. Les parties belligérantes n’ont pas été invitées, et les discussions se sont concentrées sur les besoins des populations. Amnesty International appelle à aller plus loin, en exerçant une pression diplomatique pour mettre fin aux violences et en exigeant justice pour les crimes commis.

Un conflit aux répercussions régionales
Le conflit soudanais ne se limite pas aux frontières du pays : il exerce une pression considérable sur toute la région. Au Tchad, l’afflux massif de réfugiés met à rude épreuve les infrastructures locales et crée des tensions sociales. « Nous accueillons des milliers de personnes chaque semaine, mais nos ressources sont limitées », a déclaré un responsable tchadien.
Du côté de l’Éthiopie et de l’Égypte, les inquiétudes portent sur la stabilité régionale et les flux migratoires qui pourraient accentuer des fragilités déjà existantes. Enfin, en Afrique centrale, le risque d’extension des violences et de déstabilisation des zones frontalières reste élevé, ce qui menace d’entraîner une spirale d’instabilité dans des territoires voisins déjà fragiles.
Perspectives diplomatiques et pistes de paix
Si la conférence de Berlin a permis de mobiliser des fonds, elle n’a pas débouché sur un plan de paix concret. Les pays donateurs misent désormais sur une intensification des pressions diplomatiques pour obtenir un cessez-le-feu et garantir l’accès humanitaire. « La paix ne viendra pas uniquement par l’aide, mais par un engagement politique fort », a souligné Annalena Baerbock, ministre allemande des Affaires étrangères.
L’ONU vise un financement global de 2,2 milliards d’euros pour atteindre 20 millions de personnes d’ici 2026, mais la mobilisation reste insuffisante. Amnesty International insiste sur la nécessité d’un mécanisme de justice pour sanctionner les violations des droits humains. La paix au Soudan dépendra autant de la pression internationale que de la capacité des acteurs régionaux à s’unir pour stopper la guerre.

