lundi, avril 29 2024

Se soumettre une nouvelle fois, à l’autorité des militaires, le peuple soudanais en a plus que ras le bol. Face au récent coup de force du 25 octobre dernier, la jeunesse surtout, entend bel et bien faire preuve de résistance, jusqu’à ce qu’elle n’obtienne un retour du pouvoir aux civils. Pour y parvenir, elle est même prête à y laisser sa vie.

Depuis l’annonce du coup d’Etat, les soudanais n’ont pas hésité à prendre d’assaut les rues de Khartoum et dans certaines autres localités du pays. Les tirs à balles réelles de l’armée ne leur ont point dissuadé dans leur détermination de ne pas légitimer ce énième coup de force. Pour l’instant l’énorme pression de la communauté internationale a conduit à la libération du premier ministre Abdallah Hamdok. Les autres responsables civils sont encore en détention.

Une mobilisation très forte des comités de résistance

Afin de contraindre les militaires à revoir leurs positions et à négocier avec les civils, les comités de résistance s’apprêtent déjà à envahir massivement les rues dans les prochains jours. Les tractations par ci et là de ces comités de résistance indiquent d’ores et déjà qu’il serait question d’une très forte mobilisation. La date du 30 octobre hante les esprits.

« On se prépare. On ne bougera pas d’ici tant que nos demandes ne seront pas entendues. Je n’ai pas peur. Des martyrs de ma génération sont tombés. Aujourd’hui, soit on respecte mes droits soit je suis prêt à mourir », a laissé entendre un citoyen résolu à faire flancher le général al-Burhan.

Maryam Sadeq al-Mahdi, responsable du parti Oumma, s’inscrit elle aussi dans la même dynamique. « Nous refusons toute tentative de coup d’État, quel que soit son auteur et quel que soit son prétexte. Nous annonçons que nous allons participer à tout acte de résistance utilisant les méthodes pacifiques que nous avons en notre possession », a-t-elle exprimé.

Lire aussi:  SOUDAN: POURQUOI UN NOUVEAU COUP DE FORCE DES MILITAIRES ? 

Un calme précaire

Assisterons-nous, une nouvelle fois à une violente répression des militaires, comme ce fut le cas en 2019 ? Le bain de sang pourrait-il être évité au profit d’un dialogue pouvant déboucher sur la constitution d’un gouvernement civilo-militaire ? L’avenir du soudan est encore incertain.

En attendant l’évolution de la situation, le calme semble revenir peu à peu mais sont encore visibles les barricades de briques, de même que les pneus brûlés par les manifestants. L’appel à la grève générale lancé par les syndicats et les comités de résistance a été très suivi par les populations dans leurs localités respectives. En ce qui concerne, les restrictions du réseau téléphonique et de la connexion à internet, elles sont levées par moment.

Les manifestants estiment par ailleurs, que les tensions politiques actuelles peuvent être résolues autrement. C’est-à-dire que des solutions efficaces et efficientes doivent être trouvées aux réels maux dont souffrent les soudanais. Et cela passe par un sérieux dialogue entre les force vives du pays.

Lire aussi: COUP D’ETAT AU SOUDAN: LA TRANSITION BASCULE DANS UN NOUVEAU CHAOS

 

El Professor

Previous

Nigéria : « e-naira », le système de paiement le plus en pointe d'Afrique ?

Next

Putsch au Soudan : les sévères sanctions contre les militaires s’enchainent

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Voir Aussi

Ne Manquez Pas

Scandale Alimentaire au Sénégal : Nestlé accusé de mettre du sucre dans les bouillies pour bébé

Scandale Alimentaire au Sénégal : Nestlé accusé de mettre du sucre dans les bouillies pour bébé

Investigateur Africain

Depuis la révélation de l’ONG suisse Public Eye sur la présence de sucre ajouté dans les produits infantiles Nestlé destinés aux pays à faibles revenus, dont le Sénégal, une polémique enfle sur les réseaux sociaux. Les internautes sénégalais réclament le retrait de ces produits du marché, mettant en avant les risques pour la santé des […]

5ème République : le Togo adopte à l'unanimité une nouvelle Constitution

5ème République : les députés togolais adoptent à l’unanimité une nouvelle Constitution

Investigateur Africain

Dans un moment historique empreint de changement et d’espérance, le Togo franchit une étape décisive vers une transformation politique majeure (5ème République). Après des délibérations intenses et une relecture minutieuse, ce vendredi 19 avril 2024 en séance plénière, les députés togolais ont voté à l’unanimité en faveur de l’adoption d’une nouvelle constitution. La nouvelle constitution […]

DIETRICH Thomas Pierre déclaré coupable du délit d’entrée illégale sur le territoire togolais

DIETRICH Thomas Pierre déclaré coupable du délit d’entrée illégale sur le territoire togolais

Investigateur Africain

Suite à l’expulsion du français DIETRICH Thomas Pierre du sol togolais, le procureur de la République a tenu à faire des éclaircissements sur la situation. Les explications ont donc été données via un communiqué paru le 18 avril 2024. DIETRICH Thomas Pierre, un imposteur COMMUNIQUE DU PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE Le 03 avril 2024, monsieur […]