La réduction du mandat du président libérien n’aura pas lieu. La commission électorale nationale (NEC) du Libéria a annoncé, jeudi, les résultats du référendum tenu en décembre dernier. Selon lesdits résultats, le non l’a emporté sur le oui stoppant ainsi la volonté du président Weah.
Les Libériens ont rejeté les huit amendements constitutionnels présentés par le président George Weah. Ces amendements auraient acté notamment la réduction du mandat du président libérien et autorisé la double nationalité. Ces résultats sont un revers pour le parti présidentiel qui aurait souhaité faire appliquer ces amendements.
Mandat du président libérien, pas de réduction
Le 8 décembre 2020, quelque 2,5 millions d’électeurs libériens étaient appelés à approuver ou non huit amendements à la Constitution, dont un réduisant la durée du mandat du président libérien de six à cinq ans, et un autre celui des sénateurs de neuf à sept ans.
Finalement selon les résultats annoncés par la présidente de la NEC, Davidetta Browne Lansanah, lors d’une conférence de presse, les huit propositions ont recueilli plus de 50% de oui. Mais aucune n’a atteint le « seuil constitutionnel des deux tiers » pour être approuvée.
Si l’annonce des résultats a autant trainé, c’est à cause des recours introduits après des violences survenues le jour du référendum, qui était couplé à des élections sénatoriales partielles. Le mandat du président libérien demeurera donc inchangé.
Camouflet pour Georges Weah
Les accusations de rêve de troisième mandat du président ont-elles influencer ces élections ? En tout cas, l’appel au boycott du référendum qu’avait lancé l’opposition, peut être perçu comme un coup dur pour le président, au vu des résultats.
En effet, Weah s’était engagé en faveur du oui, en affirmant que de nombreux dirigeants restaient à ses yeux trop longtemps au pouvoir. En outre, le président voulait aussi autoriser la double nationalité, qui est une question qui divise la société libérienne.
Cette question a contribué à la guerre civile qui a secoué la plus ancienne République d’Afrique noire fondée au XIXe siècle sous l’impulsion des Etats-Unis pour accueillir des esclaves noirs affranchis. La population « autochtone » reproche à l’élite « américano-libérienne », dont de nombreux membres sont secrètement citoyens des Etats-Unis, d’utiliser l’argent qu’ils gagnent au Libéria pour se construire des propriétés aux Etats-Unis.
Les partisans de la proposition espéraient qu’en donnant accès à la propriété au Liberia aux futurs binationaux, elle encouragerait les investissements dans le pays.
Il faut noter que l’arrivée au pouvoir en 2018 de cet enfant des bidonvilles de Monrovia avait suscité beaucoup d’espoir au sein de la population. En effet, le pays a traversé différentes tempêtes comme la guerre civile de 1989-2003 et l’épidémie d’Ebola de 2014-2016. Mais ses difficultés à redresser l’économie du pays ont commencé par entacher le premier mandat du président libérien et l’échec du référendum est un camouflet de plus.