Réunis à Lomé depuis le 29 septembre, des experts togolais et russes travaillent à la mise en place d’un cadre de suivi et de développement des accords qui structurent les relations bilatérales. Pendant trois jours, les experts des deux parties examinent plusieurs secteurs et préparent de nouveaux engagements qui doivent être soumis à la conférence ministérielle prévue le 1er octobre.
Le rendez-vous de Lomé ne constitue pas simplement une nouvelle rencontre diplomatique. Il doit permettre de donner un cadre plus opérationnel à une relation que les autorités togolaises et russes souhaitent développer. Prévue du 29 septembre au 1er octobre, cette première session est consacrée au suivi de l’Accord de partenariat entre les deux pays et à l’identification de nouvelles pistes de coopération.
Du dialogue politique aux projets concrets

La particularité de cette commission réside dans son caractère multisectoriel. Les discussions portent notamment sur le commerce, l’économie, les sciences, les technologies, les transports, l’éducation, le numérique, les mines et l’économie bleue.
Les travaux doivent également déboucher sur des documents formels. Un protocole de session est attendu, ainsi que trois documents conjoints dans les domaines de la science et de l’éducation.
L’objectif est donc de passer de l’identification des secteurs d’intérêt à des engagements susceptibles d’être traduits en projets, mémorandums d’entente ou accords bilatéraux. La partie russe considère par ailleurs le Togo comme un partenaire important en Afrique, aussi bien sur les plans commercial et économique que culturel et humanitaire, selon Angelina Zuikova, qui co-préside les travaux pour la Russie.
Cette dimension économique apparaît également dans les rencontres avec les opérateurs privés. Une délégation d’hommes d’affaires russes présents à Lomé a ainsi échangé avec la Chambre de commerce et d’industrie du Togo. Ces contacts cherchent notamment à identifier des possibilités de partenariats entre entreprises des deux pays.
Une relation relancée depuis Moscou
La commission trouve son origine dans la dynamique engagée au plus haut niveau. En novembre 2025, lors de sa visite à Moscou, le président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, s’était entretenu avec Vladimir Poutine sur les perspectives du partenariat bilatéral. Les deux dirigeants avaient alors évoqué le développement des échanges commerciaux et économiques, mais aussi l’ouverture d’ambassades et le lancement de la commission intergouvernementale.
Vladimir Poutine avait notamment souligné la nécessité d’accélérer une coopération dont le volume commercial restait encore relativement modeste. Les discussions de Moscou avaient également porté sur la formation, l’innovation et le transfert de compétences. L’éducation occupe ainsi une place particulière dans cette nouvelle phase de la relation, notamment à travers la formation d’étudiants togolais en Russie.
Des secteurs stratégiques à transformer en opportunités
La présence de secteurs comme les mines, les transports, le numérique et les technologies donne à cette commission une dimension économique importante. Pour Lomé, l’enjeu est notamment d’attirer des investissements, de diversifier ses partenariats et de favoriser le transfert de technologies et de compétences.
Les visites programmées au Port autonome de Lomé et à la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA) doivent justement permettre à la délégation russe de mieux connaître les infrastructures et les possibilités d’investissement offertes par le Togo.
Cette approche traduit une volonté de rapprocher la coopération intergouvernementale des réalités économiques. La Chambre de commerce et d’industrie du Togo a d’ailleurs insisté sur l’intérêt de développer des partenariats allant au-delà des simples échanges commerciaux.
La conférence ministérielle comme prochaine étape
La réunion des experts n’est toutefois qu’une première étape. Leurs conclusions doivent être présentées à la conférence des ministres des deux pays, prévue le 1er octobre à Lomé.
C’est à ce niveau que les propositions élaborées par les équipes techniques pourront être examinées et, le cas échéant, transformées en engagements politiques. La portée de la commission dépendra donc moins du nombre de secteurs abordés que de la capacité des deux pays à concrétiser les accords et projets identifiés.
Pour le Togo comme pour la Russie, cette première commission intergouvernementale constitue ainsi un instrument destiné à structurer une relation appelée à s’élargir. Après les échanges politiques de haut niveau, Lomé et Moscou cherchent désormais à installer des mécanismes réguliers permettant de transformer leurs intentions de coopération en initiatives concrètes dans l’économie, les sciences, l’éducation et les technologies.

