mercredi, mai 29 2024

Au Sénégal, la présidentielle qui approche à grand pas prend une tournure controversée. Ceci en raison de l’éviction de Karim Wade, candidat controversé du Parti démocratique sénégalais (PDS). A cela s’ajoute l’émergence d’une demande de création d’une commission d’enquête parlementaire afin de faire le démêlé sur son éviction.

Les partisans de Wade, écarté du scrutin du 25 février 2024, exigent un réexamen du processus d’éviction, suscitant un débat houleux au sein de l’Assemblée nationale. Cette initiative audacieuse remet en question l’intégrité du Conseil constitutionnel, la plus haute instance judiciaire du pays, et soulève des accusations de corruption qui pourraient bouleverser le paysage politique sénégalais.

Création de la commission d’enquête, une exigence de Karim Wade

La proposition de création d’une commission d’enquête parlementaire a pris une place centrale dans le débat politique sénégalais. Les soutiens de Karim Wade, regroupés au sein du groupe parlementaire « Liberté, démocratie et changement », mettent en avant un document de quatre pages. Ce document souligne la nécessité d’examiner en profondeur le processus de sélection des candidats à la présidentielle, mettant en lumière des allégations de conflits d’intérêts, d’avantages indus, et de soupçons de corruption impliquant des membres du Conseil constitutionnel.

Les allégations formulées par les députés du PDS, visent spécifiquement deux juges du Conseil constitutionnel, Cheikh Tidiane Coulibaly et Cheikh Ndiaye. Les députés les accusent d’avoir des « connexions douteuses avec certains candidats » et d’avoir potentiellement accepté des pots-de-vin pour invalider certaines candidatures. Ces accusations, si elles sont avérées, pourraient non seulement ébranler la confiance dans le processus électoral, mais également jeter une ombre sur l’intégrité du système judiciaire sénégalais.

Lire Aussi :  PRÉSIDENTIELLE AU SÉNÉGAL : KARIM WADE ET OUSMANE SONKO EXCLUS, QUELLES RÉPERCUSSIONS?

Vives critiques envers le Conseil Constitutionnel

L’autre point soulevé par les députés du PDS concerne des « manquements graves » lors du contrôle des parrainages effectué par le Conseil constitutionnel entre le 26 décembre 2023 et le 20 janvier 2024. Ils pointent du doigt l’utilisation d’un fichier électoral non actualisé et des défaillances techniques du logiciel de contrôle. Ces critiques font écho aux doléances de près de quarante candidats recalés qui avaient été reçus par le président Macky Sall la semaine dernière. Ces réclamations convergent vers une remise en question plus large du processus électoral et de l’impartialité du Conseil constitutionnel.

Face à ces allégations, le juge Cheikh Ndiaye a rapidement réagi en déposant une plainte contre X pour « diffamation, outrage à magistrat et discrédit jeté sur une décision de justice ». Le Conseil constitutionnel, par le biais d’un communiqué, a réaffirmé son indépendance en rappelant l’importance du pouvoir judiciaire au Sénégal. Ils ont qualifié les accusations de « graves et infondées », soulignant que de telles affirmations pouvaient avoir des conséquences sur leurs auteurs. La défense du Conseil constitutionnel se positionne ainsi comme un rempart face à toute tentative de déstabilisation des institutions judiciaires sénégalaises.

La demande de création d’une commission d’enquête parlementaire au Sénégal souligne l’ampleur des tensions entourant l’éviction de Karim Wade et la transparence du processus électoral. Alors que les débats enflammés continuent au sein de l’Assemblée nationale, le pays se retrouve à un moment critique de son histoire politique. La crédibilité du Conseil constitutionnel est mise à l’épreuve, et les réponses qui émergeront de cette situation auront des répercussions profondes sur la confiance du peuple sénégalais dans ses institutions démocratiques.

 

Tony A.

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