En République démocratique du Congo (RDC), l’épidémie d’Ebola continue de mettre les autorités sanitaires sous pression. Alors que le nombre de contaminations dépasse désormais les 7 000 cas, le virus a atteint une septième province avec l’apparition d’un cas dans le Sud-Ubangi, dans le nord-ouest du pays. Une extension géographique qui intervient alors que les équipes médicales tentent toujours de contenir la maladie dans l’est, notamment en Ituri.
Selon les données officielles publiées le 11 septembre, la RDC comptait 7 022 cas confirmés et 3 398 décès, soit un taux de létalité de 48,4 %. Le bilan a encore évolué depuis. Au 15 septembre, les autorités et les Nations unies faisaient état de plus de 7 200 cas et 3 510 décès dans les sept provinces touchées.
Ebola en RDC, l’Ituri reste au cœur de l’épidémie
L’Ituri demeure l’épicentre de l’épidémie d’Ebola en RDC. La province concentre encore la majorité des infections, même si une baisse du nombre quotidien de nouveaux cas y est observée. Cette évolution constitue un signe encourageant, mais elle ne suffit pas à conclure que la situation est sous contrôle.
L’Africa CDC avait récemment alerté sur une progression des contaminations dans d’autres zones, notamment au Nord-Kivu et dans le Haut-Uele. La mobilité importante des populations, les déplacements liés aux violences et les difficultés d’accès à certaines zones compliquent considérablement la surveillance des contacts et la prise en charge des malades.
Le passage du virus vers le Sud-Ubangi ajoute donc une nouvelle dimension au problème. Le cas détecté dans cette province concerne le virus Bundibugyo, la souche responsable de l’épidémie actuelle. Selon les informations rapportées, le patient était un jeune homme de 23 ans qui avait voyagé à travers plusieurs provinces avant son décès.
Le Sud-Ubangi, un nouveau défi pour les équipes de santé
L’arrivée d’Ebola dans le Sud-Ubangi est préoccupante en raison de la position géographique de cette province. Située dans le nord-ouest de la RDC, elle se trouve à proximité de la République du Congo et de la République centrafricaine. Une propagation dans cette zone pourrait donc compliquer davantage la surveillance aux frontières et accroître les risques de transmission transfrontalière.
Face à ce risque, les autorités ont commencé à renforcer la recherche des personnes ayant été en contact avec le malade. Cette étape est déterminante; identifier rapidement les contacts, les suivre et isoler les personnes présentant des symptômes peut permettre de casser les chaînes de transmission.
Mais la réponse sanitaire se heurte également à l’insécurité. Dans plusieurs régions de l’est, les attaques et les déplacements de population rendent les interventions des agents de santé plus difficiles. À cela s’ajoutent les mouvements importants de populations et les tensions qui affectent le fonctionnement du système sanitaire.
Une accalmie encore fragile
La situation présente toutefois quelques signes d’amélioration. Les Nations unies indiquent que le nombre quotidien de nouveaux cas a diminué, passant d’environ 120 au pic de l’épidémie à près de 80. Plusieurs zones de santé n’ont par ailleurs enregistré aucun nouveau cas depuis plusieurs semaines.
Mais l’Organisation mondiale de la santé appelle à la prudence. Selon les responsables de l’ONU et de l’OMS, il est encore trop tôt pour affirmer que l’épidémie a atteint son véritable pic. Certaines régions continuent d’enregistrer une hausse des contaminations, notamment au Nord-Kivu.
L’enjeu dépasse donc le seul bilan des contaminations. Avec plus de 7 000 cas d’Ebola en RDC et plus de 3 500 décès, la priorité reste de maintenir la surveillance, renforcer la vaccination lorsque celle-ci est adaptée à la souche en circulation et protéger les personnels de santé.
L’extension au Sud-Ubangi rappelle surtout qu’une épidémie peut rapidement changer de géographie. Tant que de nouvelles chaînes de transmission persistent, la baisse des cas dans l’épicentre ne signifie pas encore la fin de la crise.

