vendredi, mars 1 2024

La CPI pourrait bientôt perdre un de ses membres. En effet, le parti au pouvoir en Afrique du Sud, l’ANC, a décidé de retirer le pays de la Cour pénale internationale (CPI). C’est ce qu’a annoncé le président Cyril Ramaphosa lors d’une conférence de presse ce mardi. Cette décision survient après que la CPI ait émis un mandat d’arrêt contre le président russe Vladimir Poutine pour le crime de guerre de « déportation » d’enfants ukrainiens en mars.

En théorie, en tant que membre de la CPI, l’Afrique du Sud serait tenue d’arrêter Poutine s’il entrait sur son territoire. Ce qui pose une question quant à savoir si Pretoria agirait en conséquence.

Position de l’Afrique du Sud critiquée

Le pays doit accueillir un sommet des Brics en août, qui regroupe l’Afrique du Sud, le Brésil, la Chine, l’Inde et la Russie. Même si le retrait de la CPI n’est pas encore officiel, cette décision suggère que l’ANC est prête à compromettre ses relations avec la communauté internationale pour rester proche de la Russie.

L’Afrique du Sud avait déjà tenté de quitter la CPI en 2016 après avoir refusé de procéder à l’arrestation de l’ancien président soudanais Omar el-Béchir, également visé par un mandat d’arrêt de la Cour. Cependant, cette décision avait été jugée inconstitutionnelle par la justice sud-africaine.

Lire Aussi : DÉLESTAGES EN AFRIQUE DU SUD : LE PRÉSIDENT RAMAPHOSA CRÉE UN POSTE INÉDIT

Traitement injuste de certains pays par la CPI

La position de l’Afrique du Sud est critiquée depuis le début de la guerre en Ukraine pour sa proximité avec Moscou. Le pays a refusé de condamner la Russie, affirmant adopter une position neutre pour être en mesure de « jouer un rôle dans la résolution des conflits ». En février, l’Afrique du Sud a organisé des exercices navals avec la Russie et la Chine au large de ses côtes, ce qui a suscité l' »inquiétude » de la scène internationale.

La décision de l’ANC de se retirer de la CPI a été prise « en grande partie » en raison de ce qui est perçu comme un traitement injuste de certains pays par la Cour, a déclaré Ramaphosa. Selon le secrétaire général de l’ANC, Fikile Mbalula, « La CPI ne sert pas les intérêts de tous, mais ceux de quelques-uns ».

La décision de l’ANC de quitter la CPI est susceptible de susciter des critiques sur la politique étrangère de l’Afrique du Sud. Cependant, la décision reflète une tendance croissante parmi les pays africains qui considèrent la CPI comme étant biaisée contre l’Afrique.

 

Steven E. Wilson via AFP

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