mercredi, février 28 2024

 Attendue hier jeudi, une mission de l’instance sous-régionale, CEDEAO, n’a pu se rendre dans la capitale nigérienne. Certains l’expliquent par un défaut d’autorisation de la junte du général Abdourahamane Tiani. Ce qui n’est pas le cas.

La levée graduelle des sanctions contre le Niger, la libération de l’ex-Président Mohamed Bazoum, de son épouse ainsi que la durée de la transition devront attendre. Le nouveau round de négociation entre la mission de la Cédéao et la junte militaire au Niger aurait pu connaître de réelles avancées hier jeudi, pour la première fois, six (6) mois après le coup d’État. Mais, le nouvel échec enregistré, a tôt fait de remettre le couvert des responsabilités.

De la mauvaise foi de la Cedeao envers le Niger ?

Alors que les autorités du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP) attendaient la mission annoncée, un seul de ses membres s’est rendu à Niamey, en la personne du ministre togolais des affaires étrangères, le Prof Robert Dussey. Selon les informations servies par le magazine Jeune Afrique, les ministres des Affaires étrangères Shegun Bakari (Bénin), Timothy Kabba (Sierra Leone), ainsi que de l’ex-président du Nigeria Abdulsalami Abubakar – qui remplace le chef de la diplomatie nigériane Yusuf Tuggar – auraient en effet été, empêchés d’atterrir dans la capitale nigérienne, faute d’autorisation de la junte.

Très vite, l’opinion publique s’en est prise aux nouvelles autorités de bloquer les négociations tout en prétextant des manifestations lancées la veille dans les rues de Niamey et hostiles à la venue des émissaires de la CEDEAO. Mais en vérité, il n’en est rien. Selon Ali Mahaman Lamine Zeine, premier Ministre de la transition, l’absence des trois autres émissaires autour de la table des négociations n’est pas à imputer au Niger. Dans un point de presse tenu hier à son cabinet, il dénonce : « Dans un premier temps, ils ont prétexté ne pas avoir l’autorisation de survol et d’atterrissage sur notre territoire, cela n’étant pas fondé », a-t-il fustigé en brandissant face aux caméras les copie des deux autorisations.

Et de poursuivre « Nous sommes dans l’obligation de constater qu’il y a une mauvaise foi de cette organisation et probablement des pays qui sont derrière et qui poussent à ne pas permettre à notre pays, qui a fait le choix de s’orienter vers la souveraineté, de sortir de cette situation de punition qu’on lui impose ».  Contrairement aux informations, il est clair dès lors que l’absence des quatre autres membres de la délégation de la Cédéao n’est pas de la faute de la junte au pouvoir. Un communiqué de l’organisation sous-régionale signée le jeudi est on peut plus clair.

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Le dialogue toujours privilégié

« La délégation de la Communauté a passé toute la journée de jeudi à l’aéroport d’Abuja, prête à se rendre à Niamey. Malheureusement, en raison de problèmes techniques de l’avion que la Commission avait affrété, le vol spécial devant conduire la délégation d’Abuja à Niamey n’a pu être effectué », peut-on lire. Tout en présentant ses regrets aux autorités nigériennes, la CEDEAO fait « part de sa détermination à trouver une nouvelle date en vue de reprogrammer la mission dans les plus brefs délais ».

Engagés dans un processus de dialogue avec l’organisation sous-régionale, les putschistes du CNSP ne cessent de mettre sur la table leur bonne foi. Suite à la visite du Président togolais, Faure Gnassingbé, lequel fait office de médiateur désigné, Salem Bazoum, fils de l’ancien président nigérien avait bénéficié d’une remise en liberté provisoire le 8 janvier dernier.

En justifiant l’absence de sa mission par une panne technique, l’instance communautaire des Etats de l’Afrique de l’Ouest donne sans doute raison aux détracteurs sur sa volonté de piétiner les intérêts souverainistes du Niger. Une position à laquelle le Togo refuse manifestement d’apporter sa caution. « Nous profitons pour remercier ce pays ami qui a toujours milité pour la paix », a salué Ali Mahamane Lamine Zeine lors de son point de presse.

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