vendredi, février 23 2024

Au Tchad, Makaïla Nguebla, une figure de la société civile et ancien critique des autorités, a récemment été écarté de son poste de conseiller aux droits de l’homme à la présidence. Cette décision suscite des inquiétudes quant à un possible « renfermement » des autorités. Nguebla, qui avait accepté ce poste après une quinzaine d’années d’exil, exprime ses préoccupations quant aux dérives observées et aux conséquences sur l’espace civique et politique dans le pays.

Depuis son retour d’exil à la fin de l’année 2021, Makaïla Nguebla était perçu comme un symbole de l’ouverture politique promise par les autorités de la transition au Tchad. Son écartement soudain du poste de conseiller aux droits de l’homme à la présidence soulève des interrogations quant à la direction que prend la transition politique du pays. Pour Nguebla, il s’agit d’un « renfermement » des autorités autour des caciques du régime Déby. Il évoque par ailleurs un éloignement des aspirations démocratiques et pacifiques exprimées lors de l’avènement de la transition.

Craintes de radicalisation et de rétrécissement de l’espace civique selon Makaïla Nguebla

Selon Makaïla Nguebla, ce « renfermement » des autorités risque de conduire à une radicalisation politique et à un rétrécissement de l’espace civique et politique au Tchad. Cette évolution inquiète la société civile et l’opposition démocratique, qui réclament un espace plus ouvert pour s’exprimer et se mobiliser. Nguebla exprime sa crainte que le pouvoir tchadien ne cherche à éviter l’inclusion des voix dissidentes dans le processus de transition en cours, ce qui pourrait conduire à une polarisation accrue de la société et à une instabilité politique.

Lire Aussi : BURKINA FASO : RÉPONSE AUX INQUIÉTUDES ÉCONOMIQUES APRÈS LE RETRAIT DE LA CEDEAO

Face à ces défis, il est essentiel que les autorités tchadiennes réaffirment leur engagement en faveur d’une transition démocratique et pacifique, en garantissant le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales. La société civile et l’opposition démocratique doivent également rester vigilantes et continuer à exercer leur rôle de contrepoids, en veillant à ce que les principes démocratiques et les aspirations du peuple tchadien soient pleinement respectés.

 

Sandrine A.

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