vendredi, mars 1 2024

A sept mois de la présidentielle à Madagascar, l’opposition peine à croire aux capacités de bonne organisation des autorités en place. Elle craint surtout, à l’allure des évènements, que la transparence tant mise en avant par le gouvernement ne soit pas au rendez-vous. C’est le cas notamment de Serge Zafimahova, l’ancien directeur de cabinet du président Albert Zafy qui a récemment pris la tête d’une plate-forme politique, le « Diniké ».

Pour organiser la prochaine présidentielle à Madagascar, selon la Ceni, un besoin de 30 millions d’euros soit plus de 140 milliards d’ariary s’impose. Sauf qu’actuellement elle ne dispose que d’un peu moins du tiers comme financement. Ce qui n’est pas sans conséquence sur la transparence ou la crédibilité du scrutin.

Des conditions encore insuffisantes pour la présidentielle à Madagascar

D’après Serge Zafimahova, les démarches entamées par le gouvernement dans le cadre de l’organisation de la prochaine présidentielle à Madagascar ne sont pas de nature à rassurer. « Pour l’instant, les conditions ne sont pas réunies pour avoir une élection transparente. Au moment où on parle, le vrai problème en fait se pose sur la non-fiabilité de la liste électorale, ainsi qu’un problème au niveau de l’état civil », dénonce-t-il.

Le fait que le gouvernement ait annoncé il y a quelques jours, que toutes les manifestations à caractère politique dans un lieu public seront désormais interdites jusqu’à la présidentielle est aussi à craindre. Selon l’ancien directeur de cabinet, il y a 4 millions et demi de personnes en âge de voter qui n’ont pas leur état civil. C’est à dire 25 % de la population en âge de voter, pour cette année 2023. Or, c’est cela qui sert de réserve de voix en cas de fraude. Par conséquent, c’est autant de preuves de la non fiabilité de la prochaine échéance électorale si les choses vont dans ce sens.

Lire Aussi : PRÉSIDENTIELLE PROCHAINE À MADAGASCAR : LA CENI EN MANQUE DE FINANCEMENT

L’opposition une réelle alternative

Dans ce contexte quelque peu étriqué, l’opposition entend apporter la réponse qu’il faut aux malgaches lors du scrutin à venir. « Depuis que le président actuel est au pouvoir, il n’y a pas eu un seul investisseur direct étranger qui a investi à Madagascar. Pas un seul. Cela signifie que les investisseurs directs étrangers n’ont pas du tout confiance en l’environnement qui existe aujourd’hui sur le plan économique à Madagascar », déplore Serge Zafimahova.

Alors, avec la nouvelle plateforme Diniké, l’opposition entend apporter bien de résultats significatifs aux populations. « Dans tous les cas, le Diniké ne va pas regarder au bord de la route les futures élections. Il est clair qu’on va prendre nos responsabilités. Mais est-ce qu’on aura notre candidat, ou est-ce qu’on va faire un jeu d’alliance, tout cela va dépendre de la conjoncture au moment voulu », a-t-il exprimé.

La Rédaction

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