lundi, juin 24 2024

Malgré leur grande patience, les parents des victimes de l’insurrection populaire de 2014 au Burkina Faso sont toujours laissés pour compte. Ils n’ont toujours pas encore reçu le traitement qui leur est dû depuis huit ans déjà. Ceci aussi bien sur le plan judiciaire que celui de l’indemnisation. Alors ils ont saisi l’occasion de la cérémonie d’hommage aux victimes de l’insurrection populaire pour se faire entendre à nouveau.

Après 27 ans au pouvoir, l’ancien président Blaise Compaoré nourrissait encore l’ambition de se maintenir. Mais les burkinabé, lassés par son leadership, étaient décidés à mettre un terme à ce projet. La colère des populations contre le projet de révision de la Constitution a été rapidement perceptible dans les rues de la capitale. Malheureusement, les manifestations ont été violemment réprimées mais ont au final précipité sa chute le vendredi 31 octobre 2014, une journée historique.

Les parents des victimes en colère

Pour parents des victimes, c’est insoutenable qu’après tant d’années, les choses soient encore au point mort. Rien n’est fait jusque-là. Le traitement judiciaire du dossier est à la traine. Pendant ce temps, ils sont meurtris et portent lourdement les séquelles de la perte de ces êtres qui leurs sont si chers. En clair, ils subissent un oubli, voire un réel abandon de la part des différents gouvernements.

« Cela est à déplorer. Nous pensons que huit ans après, c’est trop, parce que sur le plan de l’organisation, sur le plan de la mobilisation des ressources, tout a été fait. Mais au niveau politique, ça traîne encore », dénonce Babou Nebon Bamouni, porte-parole de l’Union des familles des martyrs de l’insurrection populaire.

« Ce gouvernement n’a pas essayé de voir s’il peut nous aider. L’État n’a rien fait pour nous. Depuis les élections, rien. Qui va prendre une décoration donnée à un mort ! », s’est indigné Mahamady Derra. Rappelons-le, la répression des manifestants anti-Compaoré avait officiellement fait 33 morts et plus de 600 blessés.

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Une impunité encore flagrante

Pour d’autres parents des victimes, le fait que le principal responsable de ce drame ne réponde pas encore de ses actes devant la justice est assez éprouvant. Cela traduit une certaine complicité des autorités en place qui peinent à œuvrer véritablement pour que justice soit rendue.

« On a vu les gens qui ont amené celui qui a donné l’ordre de tirer sur nous venir et repartir comme si de rien n’était. Et moi, j’estime que cela est une faute grave et il faut qu’il rectifie tout ça », interpelle pour sa part Dramane Ouedraogo. Et d’ajouter « J’ai perdu beaucoup de facultés. J’ai eu une fracture de la boîte crânienne, alors je ne veux pas marchander avec la blessure que j’ai. »

Notons que plusieurs blessés de ces évènements tragiques portent encore les stigmates de leur mal. Alors pour les parents des victimes, il faut que le gouvernement accélère les procédures de prise en charge.

 

El Professor

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