jeudi, février 29 2024

A trois mois des élections municipales et régionales, le PPA-CI (Parti des peuples Africains), le parti de Laurent Gbagbo est monté hier mardi 30 mai au créneau. Le parti d’opposition dénonce plusieurs « irrégularités et des fraudes » flagrantes sur la liste électorale. Il estime d’ailleurs que ces failles dans le système ont pour but de permettre à certaines personnes de s’assurer un avantage injuste dans la course électorale. Il déplore aussi fermement le fait que son président soit toujours radié de ladite liste. Cela montre-t-il que la page des rivalités n’est pas encore tournée ?

D’après l’annonce faite le samedi 20 mai à Abidjan par la Commission électorale indépendante (CEI), le fichier électoral compte près de 8 millions d’électeurs. Mais malheureusement l’ancien président ivoirien et président du PPA-CI, Laurent Gbagbo figure parmi les 517 personnes qui ont perdu leurs droits civiques. Une nouvelle pas du tout réconfortante pour ses partisans. « Nous constatons que le président Laurent Gbagbo n’est pas sur la liste électorale provisoire. Il fait partie des gens radiés et cela nous meurtrit. Parce qu’un ancien président de la République qui, de ce fait-là, ne peut même pas être électeur (…) nous trouvons cela injuste. Quand c’est comme ça, ça remet en cause la crédibilité de la CEI, par conséquent, le processus électoral lui-même perd sa crédibilité », a fait savoir Sébastien Dano Djédjé, du PPA-CI.

Des « irrégularités et des fraudes »

Au cours de la conférence de presse du PPA-CI, Habiba Touré, présidente de «Safe», un organe récemment créé par le Parti, a indiqué preuves à l’appui que la liste électorale était truffée d’irrégularités et déliements frauduleux. Et qu’il était aisé de constater que plusieurs personnes condamnées pour des crimes, et donc supposément déchues de leurs droits civiques et politiques, sont toujours inscrites sur la liste électorale. On pouvait aussi remarquer la présence sur la fameuse liste électorale des mineurs inscrits et des personnes décédées il y a de très longues années déjà.

« Des personnes condamnées pour crime sont bien inscrites sur la liste électorale. Des personnes détenant deux, voire trois numéros uniques, le fameux numéro prétendument unique, il y en a qui en ont deux ou trois, et elles sont sur la liste électorale. Toutes ces personnes, tous ces doublons peuvent être inscrits sur la liste électorale… mais pas le président Laurent Gbagbo », a déclaré Madame Touré.

Et d’ajouter, « ces quelques cas démontrent à suffisance le caractère discrétionnaire de la décision prise par la CEI de laisser les uns et pas les autres sur la liste électorale, en fonction de ce qu’ils puissent être considérés comme de potentiels candidats à l’élection présidentielle ou pas. Toutes ces incongruités relevées sur la liste électorale mettent nécessairement en évidence le caractère politique des décisions prises par cette institution. »

Lire Aussi : CÔTE D’IVOIRE : LAURENT GBAGBO VA-T-IL RECOUVRER SES DROITS CIVIQUES ?

Une liste électorale fiable

Selon Ibrahime Kuibiert Coulibaly, le président de la CEI, les mesures ont été prises pour garantir des élections prochaines crédibles et transparentes. En aucun cas, la Commission électorale n’a œuvré avec arbitraire pour favoriser un quelconque parti en fournissant une liste électorale truquée. Le but final de cette détermination de nous tous est de contribuer à créer un processus électoral transparent et fiable, tout est fait pour éviter l’arbitraire des décisions. »

En ce qui concerne l’absence de Laurent Gbagbo sur la liste électorale, cela relève plutôt du juridique. « C’est en 2020 que le président Gbagbo a été radié de la liste électorale. L’avocat du président Gbagbo a saisi la Commission électorale pour nous demander des comptes. Nous leur avons expliqué qu’une décision de justice a été mise à la disposition de la Commission. Décision dans laquelle le président Gbagbo est déchu de ses droits civiques et politiques. Le tribunal du Plateau les a déboutés. Voilà comment le président Gbagbo ne se trouve pas sur la liste.

Lire Aussi : ÉLECTIONS 2023 EN CÔTE D’IVOIRE : LE COJEP DE BLÉ GOUDÉ NE PRÉSENTERA PAS DE CANDIDATS

Des atteintes à la démocratie

Alors que le jour des élections en Côte d’Ivoire approche à grand pas, ces nouvelles allégations d’une manipulation politique sournoise de la liste électorale invitent à interrogation et réflexion quant à la transparence des processus électoraux en Afrique. Vu que très souvent, les périodes électorales sur le continent sont souvent accompagnées de doutes et de suspicions qui entachent l’intégrité du processus électoral et aboutissent sur des conflits violents qui ralentissent le développement des nations.

Quoi qu’il en soit, si ces prétentions se sont avérées, la confiance du public dans les élections à venir est en jeu. Car les élections, constituent l’un des piliers fondamentaux de la démocratie, et sont censées représenter la voix du peuple et garantir une gouvernance juste et équitable.

 

Tony A

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