mercredi, mai 29 2024

Au Kenya, la loi sur les semences crée principalement des tensions avec les agriculteurs. Afin de faire réviser cette loi spécifique, portant sur les semences et les variétés végétales, instaurée en 2021, quinze agriculteurs venus de tous les coins du pays ont conjointement saisi. La démarche a eu lieu hier lundi 16 octobre 2023.

La loi sur les semences, a la particularité de réprimer sévèrement l’utilisation, la commercialisation, ou même l’échange de semences indigènes non homologuées. Elle expose ainsi les contrevenants à des sanctions allant jusqu’à deux années d’emprisonnement et des amendes pouvant atteindre 6 800 dollars. Pourtant, il est important de noter qu’au Kenya, ainsi que dans l’ensemble du continent africain, près de 90% des récoltes dépendent des semences indigènes.

La loi sur les semences, une véritable entrave

Pour les agriculteurs kényans, la loi sur les semences est un véritable boulet difficile à supporter. Car même en ayant le désir de se conformer à la législation en vigueur, c’est compliqué. Ils se voient confrontés à deux alternatives : soit faire certifier leurs semences, soit acquérir des semences certifiées. Cependant, pour ces travailleurs de la terre, ces deux démarches s’avèrent excessivement coûteuses.

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À long terme, ce durcissement des règles pourrait également engendrer un appauvrissement préoccupant de la diversité biologique. Elizabeth Atieno, représentante de Greenpeace Kenya, partage son éclairage sur cette problématique. « Ce sont des semences que les agriculteurs utilisent depuis toujours. La plupart sont adaptées aux conditions environnementales locales. Dans les zones arides et semi-arides, ces semences sont très résistantes, y compris lors de longues périodes de sécheresse. Donc si vous voulez un Kenya autosuffisant à l’avenir, vous devez laisser les agriculteurs travailler comme ils le font. »

Pour Francis Njiri, un fermier dans le comté de Nakuru cette loi sur les semences est totalement incompréhensible et nécessite une requête devant la justice. « Notre Constitution nous garantit le bénéfice de nos ressources naturelles. Les semences indigènes sont une de nos richesses, donc on ne comprend pas pourquoi des lois doivent être créées pour nous empêcher de jouir de la propriété et des bénéfices de nos semences. La loi sur les variétés végétales est une oppression pour les fermiers », a-t-il exprimé.

 

Sandrine A.

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