dimanche, février 25 2024

A Conakry, le FNDC (Front national pour la défense de la Constitution), a engagé un bras de fer avec la junte au pouvoir. Au cœur de ce nouveau duel, l’inculpation de ses leaders suites aux manifestations interdites des 28 et 29 juillet dernier. Il s’agit entre autres d’Ibrahima Diallo et de Foniké Mangué.

Pour le FNDC, coalition de partis, syndicats et organisations de la société civile, ces arrestations sont la preuve de l’excès de pouvoir du président de la transition. C’est-à-dire que le président Doumbouya tente par tous moyens de les museler et de régner en maitre absolu sur le pays. Ce qui est inadmissible. Rappelons-le, depuis le vendredi 13 mai 2022, les manifestations sont quasiment interdites dans le pays durant toute la durée de la transition. Une décision qui a du mal a passé auprès de la classe politique et des organisations de la société civile.

Une justice manipulée contre le FNDC

En attendant la décision finale ce mardi, les trois hommes du FNDC ont été écroués à la prison civile de Conakry. Par ailleurs, ils ont été entendus hier lundi 01 août dans l’après-midi, par un juge d’instruction au tribunal de première instance de Dixinn. Il est requis contre eux par le procureur, une peine de six mois de prison avec sursis et d’une amende de 500 000 francs chacun.

La justice guinéenne leur reproche surtout une défiance des nouvelles règles en matière de manifestations. Par conséquent, ils sont donc inculpés pour pillages, destruction de biens publics et privés, et surtout une participation à un attroupement interdit. Alors ils doivent assumer la responsabilité de leurs actes.

« Il est inadmissible que cette transition soit conduite de cette façon et que toute voix dissonante soit étouffée, et que des violences soient exercées sur des personnes qui ne réclament qu’un dialogue à travers une manifestation de rue. Et cela ne rassure ni acteurs ni les actrices de la société civile, parce que les méthodes anciennes refont surface », s’inquiète Me Alpha Amadou DS Bah, vice-président de l’Organisation guinéenne de la défense des droits de l’homme et du citoyen (OGDH).

Lire aussi : TRANSITION EN GUINÉE : LE CNRD MUSÈLE TOUTES LES FORCES SOCIALES ET POLITIQUES

Une riposte spontanée

Suite à l’inculpation de ses vaillants leaders, le FNDC a immédiatement réagi. Il n’entend pas subir cette pression gouvernementale sans rien faire. Les membres de ce mouvement entendent tenter le tout pour le tout afin que leurs voix puissent compter. Car une inclusion réelle de toutes les parties doit être au cœur de la nouvelle politique en Guinée.

Pour donc défendre leur juste cause qu’est la liberté d’expression et la garantie de la démocratie en Guinée, le FNDC a transmis à la CPI, un document de signalement. Celui-ci dénonce particulièrement les différentes répressions suivies de meurtres lors des dernières manifestations interdites en Guinée.

Le FNDC estime surtout que ces violences ont parfois donné lieu à des atteintes graves à l’intégrité physique. En clair, ces violences orchestrées contre les populations civiles sont le fruit d’une politique criminelle des autorités de la transition. Parmi les principaux accusés, 13 illustres personnalités sont citées. En première position, figure le nom du Colonel Mamadi Doumbouya, président de la Transition. Le Colonel Amara Camara de la Présidence, Alphonse Charles Wright, Aboubacar Sidiki Camara, de la Défense nationale sont également cités.

« Nous craignons que cette situation s’enlise avec le temps et que cela se durcisse à travers des positions tranchées, surtout au niveau au CNRD et au niveau du gouvernement. Donc, nous appelons le gouvernement et le CNRD à se remettre en question, et surtout à privilégier la voie du dialogue plutôt que de continuer la répression et l’exclusion au niveau de la conduite de la transition », a exhorté Me Alpha Amadou DS Bah.

 

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