mercredi, février 28 2024

Au Burkina Faso dans la tourmente du terrorisme, les femmes subissent d’énormes violences. Ceci aussi bien, parfois de la part de l’armée et très souvent de la part des groupes armés qui sèment la terreur dans certaines localités du pays. Et l’Axe Dablo-Kaya constitue principalement la route de l’enfer pour de nombreuses femmes.

C’est ce drame quotidien des femmes que ressort l’enquête menée par Mariam Ouédraogo, une journaliste burkinabè. Ces quatre mois d’enquête ont permis de réaliser qu’elles sont plusieurs femmes à subir en silence des atrocités quelles préfèrent enfouir sous le secret du silence.

Des femmes violées à plusieurs reprises

Selon la journaliste Mariam Ouédraogo, le calvaire que vivent malheureusement ces femmes dans ces milieux, est indescriptible. Elles semblent être laissées pour compte par les autorités dans cette immense lutte sécuritaire.

« C’est difficile pour moi de revenir sur ce qu’elles ont vécu, parce qu’elles ont été violées à plusieurs reprises, elles ont été battues, elles ont été séquestrées et dépouillées de tout… Dans ces histoires, c’est la même souffrance, mais ce ne sont pas les mêmes histoires », a-t-elle confié. Et de préciser, « non seulement elles ont été fouettées, mais elles ont été dépouillées de tout et elles ont été violées à plusieurs reprises ».

Alors face à ces horribles souffrances qu’elles sont contraintes d’endurer, il y a lieu de s’interroger. « Qu’est-ce qu’elles ont fait pour mériter cela ? Qu’est-ce que ces individus-là recherchent en infligeant toutes ces souffrances à ces femmes ? Ces femmes ont vraiment subi des atrocités de la part des individus armés, ces hommes de la brousse ».

Lire Aussi : ASSISES NATIONALES AU BURKINA FASO : LES ATTENTES SE FONT GRANDES

De grands traumatismes subis

Même si certaines de ces femmes parviennent par chance à ne recevoir uniquement que des coups de fouet, les séquelles sont tout de même perceptibles. « Certaines actuellement ne peuvent plus se tenir sous le soleil, on les a tellement fouettées que les traces sont toujours visibles ». D’autres développent par contre des tendances suicidaires.

« En termes de traumatismes aussi, pour certaines, même le fait d’être au milieu d’autres personnes, elles me disent qu’elles ne se sentent pas en sécurité. Donc elles préfèrent se taire, garder le silence, et souffrir un peu. Malheureusement, elles ne s’ouvrent pas, toutes les personnes, surtout les hommes, sont des menaces pour elles », a rajouté la lauréate du prix Bayeux des correspondants de guerre.

Des actions du gouvernement pour une meilleure protection des femmes en ces périodes troubles d’insécurité au Burkina Faso sont vivement attendues.

 

Sandrine A.

Previous

Transition au Tchad : Mahamat Idriss Déby officiellement investi président

Next

France en Afrique : une diplomatie toujours sous conditionnement colonial

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Voir Aussi

Ne Manquez Pas

Grève générale à Conakry: Les revendications syndicales sèment le chaos

Tensions mortelles à Conakry: Les revendications syndicales sèment le chaos

Rédaction

La Guinée fait face à une grève générale illimitée, marquée par des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre. Les tensions ont déjà fait deux morts et plusieurs blessés. Ce mouvement de protestation, largement suivi à travers le pays, reflète le mécontentement généralisé de la population face à la situation politique et économique du pays, […]

Rage Ouvrière : Les syndicats tchadiens défient le gouvernement

Rage Ouvrière : Les syndicats tchadiens défient le gouvernement

Rédaction

Contre la récente augmentation drastique des prix du carburant, les syndicats tchadiens ont décidé de maintenir leur mouvement de grève. Cette décision constitue un défi direct au gouvernement, qui est accusé d’ignorer les préoccupations des travailleurs. Pendant ce temps, la population tchadienne, confrontée à des difficultés croissantes, exprime son mécontentement face à cette situation économique […]

Afrique du Sud : l'envoi de troupes en RDC pour la SADC divise l'opinion

Débat enflammé en Afrique du Sud : l’envoi de troupes en RDC divise l’opinion

Rédaction

Alors que les funérailles du président namibien Hage Geingob se déroulaient à Windhoek ce dimanche, plusieurs chefs d’État présents ont saisi l’occasion pour discuter du conflit en cours dans l’est de la RDC. La participation de l’Afrique du Sud à la force déployée par la SADC a suscité de vives critiques, en particulier après la […]