jeudi, juin 13 2024

Longtemps suspendu en raison de la Covid-19, le dialogue politique au Sénégal se poursuit peu à peu, depuis le 19 août. Jeudi, les acteurs ont abordé la question de la reconnaissance du « chef de file de l’opposition ». Faute de consensus à l’issue des échanges, l’équipe du général Mamadou Niang a décidé de faire du président de la République l’arbitre du dialogue qu’il a initié.

Le Président sénégalais, Macky Sall, a initié, depuis l’année dernière, un dialogue politique au Sénégal inclusif. Il s’agit de réfléchir ensemble pour bétonner la démocratie dans le pays. Plusieurs sujets étaient restés en suspens depuis l’arrêt des travaux, pour cause de Covid-19. Entre autres sujets, le statut de l’opposition et celui de son chef de file.

Jeudi, les travaux ont porté sur le dernier point susmentionné, en l’occurrence le statut du leader de l’opposition. Sur ce sujet, certains souhaitent que le chef de l’opposition soit le candidat arrivé en deuxième lors de la présidentielle. D’autres, par contre, souhaitent que ce soit le leader du parti de l’opposition ayant la majorité à l’Assemblée nationale. On parle, dans ce dernier cas, d’opposition parlementaire. Les discussions se sont poursuivies ce vendredi avec le sujet concernant le statut de l’opposition. Ce sujet implique une reconnaissance par l’Etat de l’opposition politique, en lui donnant les moyens financiers et matériels. Il s’agit d’aider financièrement l’opposition, à l’instar dans d’autres pays.

Un régime présidentiel après le dialogue politique au Sénégal

L’année dernière, l’Assemblée nationale a voté, à l’unanimité, un projet de loi supprimant le poste de Premier ministre. Ainsi, depuis mai 2019, il a été statué pour un régime présidentiel, qui confère tous les grands pouvoirs au Président de la République lors du dialogue politique au Sénégal. Cette réforme de la loi fondamentale a été même à l’origine du mécontentement de la classe politique en général. « Ce dont il s’agit c’est de diminuer les goulots d’étranglement pour que l’information circule davantage », a déclaré Macky Sall. « Et pour que les réformes aient davantage d’impact pour les populations », a-t-il souligné à la télévision.

Pour certains, cette réforme est une stratégie du chef de l’Etat d’avoir une main mise sur toutes les décisions et d’influer sur les prochaines élections législatives. « Dans ce cas précis, les ministres seront, de pratique, des gens qui ne décideront pas. Le Président de la République va donner des instructions et ils vont suivre des instructions », déclarait un opposant à la réforme.

Donc, pour sembler équilibrer les forces en présence, le Président Macky a voulu institutionnaliser le chef de l’opposition. Ce qui fera moins jaser sur ses pleins pouvoirs. Cependant, le dialogue achoppe sur ce point.

Toujours pas d’accord, le dernier mot revient à Macky Sall après le dialogue politique au Sénégal

L’initiative du dialogue politique au Sénégal, en elle-même, est beaucoup appréciée au sein de la classe politique. « C’est une arlésienne de la politique sénégalaise », souligne l’éditorialiste politique Babacar Justin Ndiaye. Selon ce dernier, c’est « une avancée pour la démocratie, avec, poursuit-il, un meilleur équilibre des forces politiques ». A l’inverse, il pense que ces consultations peuvent être « un levier de manipulation pour le président ».

Il faut souligner qu’à l’issue des échanges de ce vendredi 4 septembre, aucun accord n’a été trouvé sur le statut de l’opposition. C’est ainsi que la Commission cellulaire du dialogue politique a clôturé sa rencontre. Les acteurs ont encore décidé de retourner cette question au président de la République comme ils l’avaient fait jeudi avec le point relatif au statut du chef de l’opposition.

De ce fait, il revient au président Macky Sall de donner suite à ces deux points, inscrits dans la Constitution depuis… 2001. Il se trouve face à deux options. D’abord pour le statut du chef de l’opposition, le Président Sall pourrait entériner la proposition des plénipotentiaires de la majorité en désignant, le candidat classé deuxième lors de la dernière élection présidentielle. Le cas échéant, ce sera le candidat de la coalition Idy2019 et président du parti Rewmi, Idrissa Seck.

les 02 sujets chauds du dialogue politique au Sénégal remis à Macky Sall

Une bonne option selon Macky Sall

L’intérêt de cette option pour le chef de l’Etat est qu’elle s’inscrit en droite ligne du contexte actuel de la gouvernance du pays marqué par la suppression du poste de Premier ministre. Toujours, concernant cette question, le Président Sall pourrait également décider de laisser cette question au cabinet d’experts qui se chargera d’auditer le processus électoral, conformément au consensus obtenu par les acteurs dans le cadre de ces concertations politiques.

L’autre possibilité qui s’offre au chef de l’Etat, en ce qui concerne cette fois-ci, le point relatif au statut de l’opposition, est la mise sur pied d’un comité technique regroupant des spécialistes en matière électorale indépendants, chargés de mener la réflexion sur cette question.

En tout cas, ce dialogue politique au Sénégal pourra permettre de répondre à plusieurs préoccupations politiques. En effet, la démocratie sénégalaise est de plus en plus vantée. Mais, elle fait face à plusieurs réalités qui obligent les dirigeants à opérer des réformes audacieuses. Du critère de désignation du leader en chef de l’opposition au statut de l’opposition, la décision du président de la République permettra de résoudre des préoccupations.

Alors la balle est dans le camp du chef de l’Etat Macky Sall qui a le dernier mot après ce dialogue politique au Sénégal.

Lire aussi : https://linvestigateurafricain.tg/mali-ibk-quitte-son-pays-sans-un-de-ses-enfants-malgre-les-engagements-ecrits-pris-par-la-cedeao/

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