mardi, juin 18 2024

A la suite des élections de dimanche dernier au Burkina Faso, les candidats de l’opposition burkinabè ont fait une sortie médiatique. Ils ont annoncé au cours d’une conférence de presse donné lundi soir, qu’ils envisageaient rejeter les résultats des élections.

Pour ce double scrutin, 6.490.144 électeurs étaient appelés aux urnes. Ils avaient à choisir entre treize candidats en lice pour la présidentielle. Parmi ces candidats figure le président sortant Roch Marc Christian Kaboré. Il tente donc de briguer un second mandat à la tête du pays.

S’agissant des législatives, 10.652 candidats se sont disputés les 127 sièges du Parlement. En gros, le scrutin dans son ensemble s’est déroulé dans le calme. Ceci même si certains bureaux de vote n’ont pas pu ouvrir à l’intérieur du pays en raison des attaques terroristes.

Des griefs de l’opposition burkinabè contre la Céni

Selon les déclarations de l’opposition burkinabè, le double scrutin présidentiel et législatif était émaillé de fraudes. Elle estime avoir constaté de nombreuses irrégularités. Celles-ci faciliteraient dans un certain sens la réélection du président Roch Marc Christian Kaboré. Un simulacre électoral qu’elle ne saurait accepter.

Pour les candidats signataires de l’accord de l’opposition, la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) aurait aussi failli dans sa mission. Elle estime, en effet, que le processus électoral aurait pu être mieux élaboré. En bref, l’organisation du vote a été mauvaise. Par conséquent, l’opposition burkinabè émet des réserves quant à la crédibilité des résultats.

« Le caractère massif de ces irrégularités et insuffisances interpellent tous les acteurs habitués à un processus électoral mieux élaboré. En tout état de cause, les signataires de l’accord politique de l’opposition n’accepteront pas des résultats entachés d’irrégularités », a déclaré Tahirou Barry, l’un des candidats à la présidentielle.

Une suspension des travaux

Face à ces accusations, la CENI a opté pour plus de clarté dans le processus afin d’amener tous les acteurs vers un consensus. De ce fait, elle a interrompu la publication des résultats provisoires commune par commune. Cette publication des résultats avait été entamée depuis lundi midi.

« Nous avons un dispositif de remontée des résultats qui nous permettent dans un laps de temps relativement court de proclamer ces résultats. Mais comme une partie des acteurs ne semble pas être rassurée, on prend notre temps pour que chacun se retrouve dans le processus », a indiqué le président Newton Ahmed Barry.

« Pour le moment, nous ne rejetons pas les résultats, puisque le processus est en cours », a affirmé un candidat de l’opposition burkinabè. Pour le président de la CENI, il y a obligation de travailler à l’apaisement et surtout à l’inclusion.

En cas de crise post-électorale au Burkina Faso, le pays pourrait se retrouver sous contrôle des djihadistes. D’où la vigilance et la clairvoyance de tous les acteurs nationaux comme internationaux.

Lire aussi : BURKINA FASO/PRÉSIDENTIELLE 2020 : UN SCRUTIN DANS LE CALME MALGRÉ LES MENACES DJIHADISTES

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